Révérence

Publié le par Lionel Droitecour

Honoré Daumier (1808-1879), Crispin et Scapin, détail

Honoré Daumier (1808-1879), Crispin et Scapin, détail

Le comédien est mort, sa flamme s’est éteinte,
Sonore et forte voix qui portait sur la scène,
Faisant renaître, au soir, l’inquiétude d’Hamlet,
La folie de Macbeth ou la douleur de Lear ;

Ce Scapin que Géronte a fini de maudire,
Qui ne saluera plus après une pirouette,
Cette âme qui disait, au chevet de ma peine,
Console-toi, l’ami, écoute ma complainte ;

Lui qui, des mots d’un autre et d’une autre misère
Habillait sa défroque en frusques de lumière ;
Cette image, fixée, vingt-quatre à la seconde,

Où l’attitude vit, le geste et la faconde,
Sans cesse, en mon regard, brillera sous les cieux,
Tel l’éclat du soleil quand on ferme les yeux.

novembre 2006

Publié dans Portrait

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F
Je me demandais justement de qui tu parlais.

Noiret, un grand bonhomme. N'ayant pas tes références cinématographiques, j'ai du honteusement chercher sur les lunettes du net (des chiottes ?) pourquoi cette bouille me plaisait.

Et trois souvenirs sont remontés, aussitôt :

Alexandre le Bienheureux, un délicieux souvenir d'enfance.
Le Vieux Fusil, un cauchemar absolu qui me colle encore des sueurs froides aujourd'hui quand je regarde ma gamine et que je pense à tout ce qui pourrait lui nuire.
Cinéma Paradisio, un régal, un autre cinéma, quelque chose dont je ne me lasse pas.

Merci pour tout ces souvenirs, l'ami Lionel.

Continues à nous envoyer tes poèmes, en nous donnant les clés de ton inspiration surtout !
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J
merci pour tes poèmes et les images très bien choisies
un bon moment de la journée
JM et Liselotte
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L
Ce poème m'a directement été inspiré par la disparition de Philippe Noiret, survenue le 23 novembre 2006. Parmi les nombreux rôles dans lesquels il s'illustra, il restera toujours à mes yeux le Major Dellaplane de "La vie et rien d'autre" de Bertrand Tavernier.
L
Trés beau tableau ...
Je lirai le poème pendant ma pause de midi ...
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