Narcisse

Publié le par Lionel Droitecour

Salvator Dali (1904-1989, Métamorphose de Narcisse, détail

Salvator Dali (1904-1989, Métamorphose de Narcisse, détail

Tous ces puissants désirs qui travaillent nos corps.
Désir d’appartenir, de prendre, de fouiller,
De fouir et de jouir ; l'appel de la violence
En bouffées, dans le sang, qui frappe sous la tempe ;

Jalousie effrénée de la bête qui rampe
Et là, sous notre peau, fouette la morne engeance
Où s’arrime son fiel ; port où s’en vient mouiller,
Aux rades de l’orgueil, le fruit de nos efforts.

Et tout cela s’avance au ciel de notre envie
Polluant de Narcisse, en la quête de soi,
Le rêve inaccessible où l’autre est un combat.

L’ego qui nous dirige est un maître ici bas,
Protagoniste aigri des marées de l’émoi,
Péroraison absurde aux frontons de la vie.

août 2007

Publié dans Sensation

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I
"L’ego qui nous dirige est un maître ici bas"
C'est bien vrai, et il ne sert à rien de lutter pour briser ses chaines... Tous ceux que j'ai connus et qui ont péroré à un moment sur leur victoire soit-disant définitive sur le tyran ont rechuté, et souvent de manière fort spectaculaire !
C'est que l'égo est puissant et rusé, on ne peut le vaincre avec ses propres armes et ses propres mots... ou maux !
La lutte n'est d'ailleurs probablement pas appropriée, seule la compréhension totale et absolue de ce qu'il est peut libérer ce qui ne sera plus "nous" : Connais-toi toi même, l'Oracle nous y a exhorté il y a bien longtemps déjà.
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L
Certes, nous sommes bien tous "ego" face à l'incompréhension de nos mécanismes secrets.
Il y a ce que nous taisons et ce qui se tait en nous. Et nous ne parlons que pour faire silence, le plus souvent, le non-dit étant le socle de nos paroles.
Les êtres humains, ambivalents par essence, sont des oxymores incarnés. Au sens où l'ongle peut l'être sous la peau, qui blesse notre chair en déroute...