Ricercare
Passacailles, menuets, gavottes et chaconnes,
La musique, lourée, naguère au clavecin,
Dansait à l'archiluth, et la gambe, a dessein,
Disputait aux archets l'amble des chitarrones.
Chez la Marquise, au bal, d'un tendre madrigal,
À l’orbe du théorbe la viole, en sa strette,
Débattait de concert, offert en chaque frette,
Du bon tempérament, égal au virginal.
Quand la quinte du loup, sensible en l’air sonore,
Éplorée des raccords d'accords méso-toniques,
Fuguait en la caccia au son du ricercare ;
Embouchant sacqueboute on sonnait la fanfare,
Le cornet à bouquin en verve d’harmoniques,
La trompette clarine, innervant chaque pore.
février 2008
|
Comme ce poème, qui ressuscite au langage bon nombre des termes un peu surannés de la musique baroque, le « Ricercare » est le nom d'une forme musicale ancienne, qui évolua jusqu'à donner la fugue, chère à Johann Sebastian Bach. Lequel emploie ce terme pour dénommer les pièces de son « offrande Musicale ». L'interprétation ici présentée d'un fragment de cette œuvre est le fruit de l'orchestration réalisée par Anton Webern (1883-1945). |
|
