Aux assassins
Il est des morts-vivants qui se portent très bien,
Du moins dans l’apparence, où ils donnent le change.
Bavards et sûr d’eux-mêmes ou brillants causeurs,
Ils jettent avec art beaucoup de poudre aux yeux.
Un silence et, soudain, en eux résonne un creux,
Quelque chose s’en vient enrayer leurs moteurs,
Un non-dit, et voici que bientôt il s’effrange,
Ce costume élégant qui trame leur maintient.
Et ce qui transparait alors tient du squelette :
C’est le cadavre affreux d’une illusion trompeuse,
Au caveau éventré où le cercueil s’ouvrit.
Ils n’ont plus rien ceux là que le manque pourrit,
Prédateurs du réel, fourriers de la faucheuse,
Assassins de leur âme et que le meurtre entête.
février 2012
