Mère-grand

Publié le par Lionel Droitecour

Un souvenir en super-huit...

Un souvenir en super-huit...

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Parfois je pense au vieux visage,
Si creux, si doux, usé ; marqué
De taches brunes, mais si sage ;
Grand-mère, que j'ai tant aimée...

Tu gardais de ton vieux printemps
L'éclat luisant dans tes beaux yeux ;
Si grise, vaincue par le temps,
Sereinement. Tes blancs cheveux :

Ton diadème et mains tordues :
Ton héritage ; dans ton cœur
Si bon, si grand, j'ai entendu
Maints paysages et rumeurs

De tes vieux ans. Quand tu posais
Dedans ta paume un front lucide
Oh, mère-grand ; l'amour gisait
Sur ta figure, au creux des rides.

novembre 1990

(poème extrait du recueil "L'arbre du vent")

 

Publié dans Souvenirs

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I
Ce beau poème ne peut que me toucher, moi qui ai vécu si longtemps chez mes grand-parents, puis chez ma grand-mère devenue veuve.<br /> J'ai le souvenir que parfois il m'arrivait de pleurer tout seul en imaginant qu'un jour je devrai vivre sans elle, si gentille et si dévouée...<br /> La vie m'a par la suite montré que c'était non seulement possible mais même inévitable, aujourd'hui il me reste de ma grand-mère un souvenir doux et dilué et un sentiment de reconnaissance pour tout ce qu'elle a fait pour moi. Pourtant aucune commémoration ni visite au cimetière, je pense plutôt au beau poème de Mary Elisabeth Frye dont une traduction est :<br /> Ne vous tenez pas devant ma tombe en pleurant.<br /> Je n'y suis pas, je ne dors pas.<br /> Je souffle dans le ciel tel un millier de vents,<br /> Je suis l'éclat du diamant sur la neige,<br /> Je suis la douce pluie d'automne,<br /> Je suis les champs de blé.<br /> Je suis le silence du matin,<br /> Je suis dans la course gracieuse<br /> Des magnifiques oiseaux qui volent,<br /> Je suis l'éclat des étoiles dans la nuit.<br /> Je suis dans chaque fleur qui s’épanouit,<br /> Je suis dans une pièce tranquille.<br /> Je suis dans chaque oiseau qui chante,<br /> Je suis dans chaque belle chose.<br /> Ne vous tenez pas devant ma tombe en pleurant,<br /> Je n'y suis pas. Je vis encore. <br /> A écouter en VO : https://www.youtube.com/watch?v=BM8TQH-zDbQ
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I
Très jolie, ta version, je me réjouis de la voir à l'occasion parmi tes beaux textes !
I
C'est vrai que par ta poésie tu éveilles souvent en moi des références à ma propre vie et suscites du coup moult réflexions et interrogations... ce dont je te remercie chaleureusement !<br /> J'aime bien aussi cette version de Libera, plus épurée... Katherine Jenkins est un peu plus &quot;grand public&quot; d'ailleurs à ce sujet on ne peut qu'espérer qu' A. Rieu ne la commette (ou compromette) pas un jour ! :-)
L
En fait, cher ami, tu m'a donné envie de proposer ma propre version de ce poème. Je t'en livre ici la primeur, sans doute la publierai-je entre ces pages dans un avenir proche.<br /> Note bien que ce n'est pas une traduction, mais une paraphrase de mon cru, car ne pouvant prétendre traduire ce texte, je ne peux, à ma façon, que le trahir.<br /> <br /> Ne t’en viens sur ma tombe<br /> paraphrase<br /> <br /> Ne t’en viens sur ma tombe,<br /> Encombré de tes pleurs :<br /> Là je ne suis, non plus ne dors.<br /> <br /> Je suis le souffle ensemencé<br /> Aux mille atours libres des vents ;<br /> <br /> Le subtil éclat du diamant<br /> Qui s’aiguise en la neige écrue ;<br /> <br /> Je suis la solaire clarté<br /> Epandue sur le grain mûri ;<br /> <br /> Je suis l’ondée devant l’automne.<br /> <br /> Tôt réveillé, dans le matin,<br /> Lorsque tu suis le vol brusqué,<br /> Des oiseaux, vois, je suis leur hâte,<br /> Levées de cercles silencieux ;<br /> <br /> Dans le velours sombre des nuits,<br /> Je suis l’étoile qui nous fuit.<br /> <br /> Ne t’en viens sur ma tombe,<br /> Encombré de tes pleurs :<br /> Là je ne suis, non plus ne dors ;<br /> <br /> Puisqu’en l’éternité<br /> Rien, non, jamais, ne meurt.<br /> <br /> Lionel, 29 novembre 2014
L
On dit parfois que c'est lorsque qu'on est le plus personnel dans l'expression que l'on peut s'approcher de l'universel. À voir le cinéma d'Andrei Tarkovsky et son chef d’œuvre, à mes yeux : Le miroir.<br /> Je note modestement qu'en parlant de ma grand mère je te parle, Ô lecteur, de la tienne, et c'était bien là mon propos, tenter de transcender le verbe par l'émotion.<br /> Pour ce qui est de la citation, je connaissais de ce beau texte une autre version, chantée par la voix limpide d'un jeune treble anglais du groupe vocal Libera...<br /> https://www.youtube.com/watch?v=BuA7zlUP5HI<br /> ou, en concert :<br /> https://www.youtube.com/watch?v=e551OImCURw