Mère-grand
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Parfois je pense au vieux visage,
Si creux, si doux, usé ; marqué
De taches brunes, mais si sage ;
Grand-mère, que j'ai tant aimée...
Tu gardais de ton vieux printemps
L'éclat luisant dans tes beaux yeux ;
Si grise, vaincue par le temps,
Sereinement. Tes blancs cheveux :
Ton diadème et mains tordues :
Ton héritage ; dans ton cœur
Si bon, si grand, j'ai entendu
Maints paysages et rumeurs
De tes vieux ans. Quand tu posais
Dedans ta paume un front lucide
Oh, mère-grand ; l'amour gisait
Sur ta figure, au creux des rides.
novembre 1990
(poème extrait du recueil "L'arbre du vent")
