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  • Vivre nous porte assez

    05 octobre 2016 ( #Fongus )

    ... En ce vaste océan je poursuivrai ma rive ... Toujours creusé par la douleur Et raviné par son empreinte Je m’attable, tendu, dehors, Sous la treille ouvragée de misère et de deuil. Ainsi la mort s’en vient pour nous rompre l’écueil. Non, la mer n’à...

  • Silencieux oublis

    06 octobre 2016 ( #Autobiographie )

    ... Le temps est achevé des années où l’on rêve ... Auprès de la croisée un vieil homme soupire. Il a le cheveu rare et sa santé décline, Il regarde sa vie comme un champ de décombres Et il ne chante plus, comme jadis, joyeux. Son avenir est tel sont...

  • Refus

    07 octobre 2016 ( #Spiritualité )

    ... Je suis un vantail refermé ... Promesse d’un jour incertain. ... Je suis un vantail refermé Où passe un souffle au clair matin, L’ineffable, le grain germé, Promesse d’un jour incertain. Là, je rends compte sous le ciel De l’infini à l’œuvre en moi,...

  • Pareil en ma livrée

    08 octobre 2016 ( #Sensation )

    ... Et puis je vaque, absent, aux tâches quotidiennes, / Aux éclisses rouillées, mauves, qui sont les miennes ... Je vais à petit bruit porter ma petite âme Au jour qui vient la prendre et ranimer sa flamme ; Il faut que je me lève, il faut que je lui...

  • Dix sonnets dissonants

    09 octobre 2016 ( #Calembours )

    ... De vains tics d’esthétique / En la trame où je trime... Dix sonnets dissonants Et mon âme s’arrime Aux pensums assommants Où je rame en ma rime. Résonnant sans raison À l’écrit je m’escrime, Horizon d’oraison Où s’exprime ma frime. De vains tics d’esthétique...

  • Hérésie

    10 octobre 2016 ( #Art poétique )

    La forteresse Cathare de Montségur J’irai me perdre en l’onde où va tarir mon doute, Farouche et, tel l’enfant de la sombre déroute, J’irai hanter l’obscur et tendre mon filet Au pays dont mon cœur est toujours exilé. Dans cet ailleurs loquace où mon...

  • Grisette

    11 octobre 2016 ( #Amour )

    Joseph Désiré Court (1797-1865) Rigolette cherchant à se distraire (1844), détail L'est toute chamboulvirée, ma p'tite âme, Toute débigoisée par une chansonnette ; Une romance à deux sous, Un mélo pas possible qui glisse sous Ses yeux trois larmes d'émotion......

  • Halètement

    12 octobre 2016 ( #Sensation )

    ... Oh, langueur retrouvée des bourgades, naguère ! ... Un îlot de silence, intense en centre-ville… Est-ce possible, enfin, que les moteurs soient tus ? Au minéral reflux de l’asphalte servile Une rumeur s'invente en nos cœurs impromptus. Une portière...

  • Écho du ciel latent

    13 octobre 2016 ( #Spiritualité )

    ... Ainsi se trace au jour ma forme en le réel, / Où je passe, étranger, comme un navire abscond ... Je ne sais pas pourquoi la vie me pèse tant Dans le décompte obscur de mes journées sans heurts, Où ne connais la joie, non plus que le malheur, Sur cette...

  • Prince républicain

    14 octobre 2016 ( #Portrait )

    Humblement dédié à l'éclatante modestie de tous ceux qui ne sauraient se reconnaître ici... Il aime à ressentir converger les regards Vers sa molle personne à l’heure du discours ; Tribun médiocre il a, en mesurant son verbe, Appris à dire peu tout en...

  • En sa crédence

    15 octobre 2016 ( #La camarde )

    Johann Rudolf Feyerabend (1779-1814), copie de la Danse Macabre de Bâle La vie n’est qu’un songe virtuel Dans un réel sans conséquence, L’être est un épiphénomène, Matière en sa brève séquence. Et dans cette onde délétère Allons où le hasard nous mène,...

  • Tendre complice

    18 octobre 2016 ( #Nostalgie )

    ... Ivresse passagère, à minuit, nouvel an, / Flammes, fusées pétards et futile liesse ... 1. Des rires en éclats, des joutes de paroles,Les mômes dans la rue se jouent de leur jeunesse,Ivresse passagère, à minuit, nouvel an,Flammes, fusées pétards et...

  • Mensongères livrées

    21 octobre 2016 ( #Fongus )

    Luca Giordano (1634-1705), Le retour de Perséphone, détail Creuse harmonie de la parole, Les mots nous masquent notre rôle, Levée de gestes incertains, Dédales vains de nos matins. Et l’on dégoise, fanfaronne, Sous le regard de Perséphone, On avance où...

  • Nécrose

    22 octobre 2016 ( #Névrose )

    Réplique de la Grotte Chauvet, Ardèche, France Jadis en ce limon s’éveillait un esprit,Au labeur de mes jours, dans l’inconscient de l’êtreIl s’élevait en moi comme une flamme netteUne âme en ce vain souffle où la parole naît. Et, dès lors aguerri, tout...

  • Parvenus

    28 octobre 2016 ( #Portrait )

    Honoré Daumier (1808-1879), Oncle et neveu, détail Dans l’avenue où là, venu, J’attendais au coin de la rue Ton pas menu ; Passent repus les parvenus Se pavanant à notre vue, Les m’as-tu-vu. Ils s’habillent pour la revue Ne passant pas inaperçus En pardessus....

  • Salade du pendu

    01 novembre 2016 ( #Calembours )

    « Vois-tu bourreau, je me repens, / Dit le pendu, / Est-ce défendu ? » Un pendu au gibet S’exhibait en gibus Et faisait le gugusse. Au bureau du bourreau Plaintes et quolibets S’empilaient. Au barreau, au parquet, Dans la magistrature Chacun se défilait....

  • Sommes harmoniques

    07 novembre 2016 ( #Musique )

    ... Cette foule anonyme enfle en supplications ... Le chœur, comme l’orchestre, est une seule voix, Un corps en l’assemblée des sommes harmoniques, Mosaïque sonore inspirant la lumière Au carmin de l'aurore en les levains du monde. En l’onde intemporelle...

  • Noires, blanches et libres

    08 novembre 2016 ( #Sensation )

    ... Ainsi, souvent, les arondelles / Iront, icelles, sous les vents... Les maîtriser, les éléments, Serments allant sur nos brisées, Sans tiraillements les risées Où, bien zélés, misent amants. Mais zèle ment également, Exact où lentement une aile Aux...

  • Pour les impécunieux

    13 novembre 2016 ( #Art poétique )

    ... Oyez, oyez, passants, voici mes broderies ... Il est en ma boutique un vrai capharnaüm Un souk, un bric-à-brac et un sacré foutoir, De mes noires idées le parfait dépotoir, Un repoussoir sans nom où se perd mon barnum. Branlant échafaudage de rimes...

  • Septembre

    14 novembre 2016 ( #Nostalgie )

    Honoré Daumier (1808-1879), Gens de justice Septembre vient, paré de sa rousse mouture. Adieu l’été, l’éclat, le sourire et la fête ! Dans le temps du labeur, rentrons, courbant la tête, Nostalgiques des dons de la douce nature. Tantôt la tiède brise,...

  • Fermoir

    20 novembre 2016 ( #Calembours )

    ... Au pertuis perclus de ses fers, / Fermoir où moires désaltèrent ... De rime pauvre en riche rime, Vers holorimes, simple écho, C’est sûr, césure à l’hémistiche, Histrionne le mirliton. Mais son humble mire lit-on, L’un bleu l’aime, cède et s’entiche...

  • Comptant mes pas

    23 novembre 2016 ( #Autobiographie )

    ... En l’éclat de votre sourire, / Parfois le temps semble aboli ... 1. Quand je me penche, amèrement, Sur les jours enfuis du passé, Il m’est un lieu dont le moment Reste un bonheur souvent sassé. C’était le temps de votre enfance, Mes gamins, mes trois...

  • Improbable autel

    25 novembre 2016 ( #Le temps )

    ... La déchéance gagne, infecte, à s’élargir, / Remugle qui s’envase où le courant l’exhorte ... Hors du temps et des lieux va la mémoire morte,Fleuve en nous qui s'enfuit pour ne point ressurgir,Lugubre, accaparé du visage des morts,Remous à ressasser,...

  • Joute d’amour

    01 décembre 2016 ( #Névrose )

    Louis Henri Cordier (1853–1925), Le Doute (1906), détail Je sens une douleur, au fond de ma poitrine, Ma compagne du jour, bonne douce et légère, Qui ne tarit jamais et ne me surprend pas : Je sais qu’elle me tue, préparant mon trépas. La nuit elle s’endort,...

  • Pacte

    04 décembre 2016 ( #Le temps )

    Paul Cézanne (1839-1906), La pendule noire, détail Demain sera un jour de plus, Demain sera la fin de l’an, Une borne au milieu du temps. Où va ce temps si je demeure ? En la besace du passé ? Dans le néant qui nous apeure ? L’horloge bat mon propre rythme...