L’autre

L’autre

... Mais le tiens à distance, et, fort civilement, je l’insulte au matin, quand nous nous faisons face ... De lui, depuis longtemps je me voudrai dépris, De sa lourde carcasse et de ses calembours, Jeux de mots éculés, faciles traits d’esprit Qu’il répète,...

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Sous la loi du césar

Sous la loi du césar

Buste de Néron au château de Vaux le Vicomte Sommes nous prisonniers de ce monde d’airain, Où tout semble lié par l’intérêt suprême De cliques de gredins, vautours sur nos dépouilles, Repus, mais affamés, enragés à tout prendre ? La pauvre humanité peut-elle...

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Enfantillages

Enfantillages

Un cliché de Willy Ronis (1910-2009) Ca crie, pépie et se récrie, Ca récrimine et ça gémit : Le peuple des enfants chéris Sautille, grimpe et se poursuit. C’est le temps des gamineries, Sur le gazon, des gazouillis, Les frondaisons font des roulis À leurs...

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Graphes

Graphes

... l’espace où vous lirez, là, ce que fut ma plainte, tout ne sera que traces ... Mes paroles rangées en gruppettos abstraits, Graphes, sur une page où j’agrafe mon rêve ; Mon doute, mon chagrin, le goût de mon désir Et ma crainte soudain, devant l’éternité...

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L’heure futile

L’heure futile

Humblement, que veux-tu, Je mène ma vertu Vers ta rive têtue. Là tu seras ma mie, Veux-tu ma douce amie ? Et nous irons parmi Les bruits de cette ville, Sereins, calmes, tranquilles, Chanter l’heure futile. septembre 2009

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Miette d’amour

Miette d’amour

À coté de mézigue, assise sur un banc, Comme fleur de printemps aux abords d’un chardon, Pâle, fraîche, jolie demoiselle de cœur, Elle m’a quémandé, d’un sourire, un crayon. Ainsi vient au matin, parfois, un pur rayon, Le soleil y échauffe une éternelle...

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Le Rendez-vous

Le Rendez-vous

Un regard, par matthieu Dupont Elle avait sa main douce apposée au chambranle, Un pied, déjà, dehors, mais le cœur hésitant, Tournant vers moi sa tête et son regard qui tremble ; L’œil empli de promesses, sa bouche d'autant De mots imprononçables mourant...

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Les aveugles

Les aveugles

Roland Topor (1938-1997), Chapeau melon 1. Parfois je n’y crois plus, j’erre désemparé Dans une maison vide au pas de ma défaite, Comme un âme damnée, sans but et sans destin. Le dégoût vient parer ma bouche d’amertume Au trajet quotidien où ma vie se...

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Le fils d’Enola Gay

Le fils d’Enola Gay

... On raconte de lui qu’il n’eut pas de remords le fils d’Enola Gay ... Y eut-il un cortège au jour sombre et funèbre Où mourut Paul Tibbets, homme à jamais célèbre ? Derrière son cercueil connut-il l’affliction, Enfants, petits-enfants ; une génération,...

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Ma petite évasion

Ma petite évasion

... Où se perd mon regard, évadé dans les cieux ... Ecrire m’est un jeu, une adresse de foire Où la rime se prend, sans même que j’y songe, Aux échouages lents d’une langue étrangère Qui vient danser son rythme en l’isthme de ma voix. La sente m’y est...

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Passacaille

Passacaille

L'orgue joué par Johann Sébastian Bach lors de son séjour à Arnstadt, réplique réalisée en l'église de Pontaumur, dans le Puy de Dôme. Cette re-création est à l'origine du festival de musique ancienne « Bach en Combrailles » qui s’y déroule chaque année. Inexorablement,...

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Léger comme la soie

Léger comme la soie

... Tout passe, fors le temps, sans matérialité ... On fabrique le temps pour conjurer la mort, La clepsydre, son eau ; le sable au sablier ; Au solaire cadran, le style, ombre fugace ; L’horloge en ses rouages mus par un ressort ; Les modernes écrans...

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Le hibou

Le hibou

Sais-tu que le hibou s'endort quand tu t'éveilles ? Je ressemble à ce vieil oiseau qui persévère À chanter dans la nuit quand bien nul ne l'écoute. Enfant, si, vers le soir, tu entends ma chanson , Ne va pas t'effrayer de ma voix qui répond Au vieil hibou...

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Moissons du temps

Moissons du temps

... Nous contemplons ce vain travail où nous fûmes comme une maille. Emondés, taillés, desséchés ... Notre temps n’a pas de distance Et la mémoire est un miroir Où d’infidèles reflets jouent. « Mais, c’était hier, » disons-nous Mensonge ! C’est notre...

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À la gente inservile

À la gente inservile

Marcheurs célestes © François Geffroy Septembre 2005 Photo prise au moment de la descente, après le lever du soleil (à 4000 m d'altitude). Malaisie Montagne 1. Nous avions rendez-vous au deux rue de l’errance, Il était convenu d’apporter l’espérance,...

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Le bestiaire des voyous

Le bestiaire des voyous

... Là, je fais plein de cabrioles, Comme ces satanées bestioles ... Des fois, y-a des petites bêtesQui se promènent dans ma tête,Je les entend, avec leurs pattes,Sans cesse, elles se carapatent. Là dedans y-a tout un ménage,Un zoo, mais y-a pas de cages,Alors...

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Comme brame le cerf

Comme brame le cerf

Peintures rupestres en la grotte de Lascaux Nous chantions « Wie der Hirsch schreit nach frischem Wasser »Dans un lent fugato que le chœur sublimait,Enluminés d’orchestre, aux bruissements des cordes,Harmonieuses clartés où l’aube semblait poindre. De...

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Claire voie

Claire voie

... La musique est le lieu où l’âme se transcende, où, rassemblé, l'humain partage une prébende ... Le chœur avait déjà commencé sa leçon, Répétant un motet ou bien un Tourdion. En timide impétrant j’ai traversé les rangs, De la polyphonie recueillant...

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Par la houle harassé

Par la houle harassé

L’âge, un jour, nous apprend ce qu’est l’irrémédiable, Ce fruit mort dans l’hier, ce bouton, au rosier, Qui ne fleurira plus, puisqu’il fut arraché, Cette musique absente aux lieux que l’on aimait. Cette main qui, jadis, en l’humble chœur semait, Le tendre...

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À l’éternelle corde

À l’éternelle corde

La dimension du temps se courbe dans l’espace, Sa course est relative au seuil de la vitesse Infranchissable des ondes de lumière, - Dois-je dire photons, qui sont des corpuscules ? Ne suis-je pas moi-même amas de molécules, Assemblage inconstant, poussière...

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