Prévert

Prévert

Jacques Prévert, (1900 -1977) Pour faire le portrait d’un oiseau De proie Il faut ni une, ni trois, Se coltiner dans les alpages En chaussant sur son nez, Qu’on n’a pas à ses pieds, La lunette qu’on nomme D’astronome : Patience, mon bonhomme. C’est le...

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Au clair de la lune

Au clair de la lune

Jean-Louis Barrault dans "Les enfants du paradis" Au pire, ne suis pas Pierrot, N’ai plume ni quartier de lune ; Pour éclairer ce mot à maux, N’ai chandelier que d’infortune. Il me faut changer de comptine, Attendre l’aube, espérant mieux, Puisque je...

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Elise

Elise

Dans la modeste école un pupitre de bois Après l’heure de classe attendait les élèves. Elise donnait là, deux fois dans la semaine, La leçon de solfège aux enfants délicats. Je regardais de loin ces surprenants ébats Où, la règle à la main, aimable souveraine,...

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Orphéon

Orphéon

Louis Léopold Boilly, (1761-1845), les chantres Il est des bruits divers et des conversations Dans le chœur Orphéon, lors des répétitions, Quand, d’un pupitre l’autre, on bute longuement Au chant de l' anacrouse , en la levée, rétive. Des basses en légions...

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Lettres vives

Lettres vives

René Char, poète et résistant français, (1907 -1988) Je lisais René Char face aux tréteaux de bois Devant la librairie qui soldait ses volumes. La rue bruissait de vie, du bruit des pas, de mots. C’était vers la midi et le temps était doux. Il y avait...

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Trophée

Trophée

... Mais pourquoi donc était-il nu ? Pour l’humilier, pour l’avilir, pour mutiler sa chair sanglante ... Je feuilletais un jour, au rayon du libraire Les pages des albums. Souvent, la guerre inspire Le peintre dans sa fresque, ou bien le photographe Qui,...

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Coda

Coda

J’ai laborieusement chanté, au sein du chœur, Ce puissant Requiem que Mozart composa ; Opiniâtre apprenti qui ânonnait par cœur, Modeste baryton, l’impérieuse coda. Et je me suis chauffé au feu de ce génie, Contemplant, de l’alpage, une cime éternelle...

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Le nouveau testament

Le nouveau testament

Gravure censée représenter François Montcorbier, dit Villon, parue dans la plus ancienne édition de ses oeuvres, en 1489. Né en 1431 à "Paris, emprès Pontoise", on perd sa trace après 1463. Il est l'auteur d'un célèbre "testament", ici paraphrasé quelques...

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L’enfant roi

L’enfant roi

Vincent van Gogh, l'enfant à l'orange 1. Je ne me lasse pas de tes étonnements,Ton sourire posé sur ce monde encore neuf,Qui s'ouvre sous tes yeux, billes écarquillées,Pour peupler ton regard d'un frais contentement. Il te monte à la bouche un vain flot...

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Jeanne

Jeanne

Francisco de Goya (1746-1828), la porteuse d'eau S'en va Jeanne au ruisseau par les chemins de peines, S'en va quérir de l'eau et la marche lui pèse ; Elle a vécu trop d'ans et la force lui manque ; S'en va Jeanne à grand peine en les rives hautaines....

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Respiration

Respiration

La ruelle est paisible à l'heure de midi, Un violon mêle au loin sa note aux chants d'oiseaux Et la torpeur s'en vient aux terrasses tranquilles Assoupir lentement l'âme qui se dénoue. Oh, moments délicieux, s'il se peut, portez-nous En l'amoureux transport...

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Alceste

Alceste

Si je me considère avec lucidité Dans le quotidien de mon inanité, Lors, je me fais horreur et n’aie nulle pitié Pour celui qui se vautre en mon humanité. Je le vois chaque jour mentir, se compromettre, Pusillanime, lâche et prompt à se soumettre, Dans...

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Défaite du silence

Défaite du silence

Le vieux maître surgit qui dépasse l’épure Et l’instrument devient truchement de son âme. Et qu’importe l’archet, la table d’harmonie, Le souffle, le roseau, la clef ou l’embouchure ? La matière vaincue se plie à son vouloir Et par sa vibration l’espace...

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Mécanique du vide

Mécanique du vide

1. À l’horloge arrêtée, ce matin, de bonne heure, J’ai réécris le temps, au pas du balancier, Avec une clé d’or. Lors ce maître assassin À repris sa marée sur ma vie qu’il déprend. En cet étrange essor de rouages, de crans Où bruit, de mon tempo l’improbable...

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Na !

Na !

... Et moi quand je veux pas dormir / Je rêve que ça va finir ... J’en ai marre d’être petitOn me promène, on me ramasseFaut toujours que je dise ouiAux grands du haut de leur carcasse. Toujours ils me lèchent la pommeSans demander la permission :« Mais...

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Le château d’illusion

Le château d’illusion

Frêle et tendre marmot, quatre ou cinq ans à peine Pique-nique et picore, là, près de grand-mère, Au parc et dans l’automne où passent, gouttes d’or, Les feuilles desséchées qui pleuvent sous le vent. Et il s’invente un monde où, seul, en trottinant,...

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À croupetons

À croupetons

Adolphe-William Bouguereau (1825- 905), La petite couseuse, 1869 Dans l’alchimie du corps un être se fait jour,Issue de la matière, en l’instant qui se donne,Une âme à peine éclose est marquée d’une empreinteOù le réel soudain surgit, qui l’emprisonne....

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Le métronome

Le métronome

Johann Nepomuk Mælzel (1772-1838), et le métronome dont il fut l'inventeur Le métronome claque et claque l’adagio Et l’élève s’applique en rabrouant l’archet ; Comptant à contre temps un menuet incertain, Contrit en sa métrique et raide comme trique....

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À une jeune voile

À une jeune voile

Joseph Mallord William Turner, le "Sol di Venezia", 1843 C’est un jeune garçon, à peine adolescent, Frimeur et petit mec perdu en ses vêtures, Hâbleur et sûr de lui, malgré son air gracile, Homoncule blasé qui ordonne son monde. La jeunesse est un don...

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Canción del árbol del olvido

Canción del árbol del olvido

L'arbre au corbeaux de Caspar David Friedrich, 1822 Chanson de l’arbre de l’oubli paraphrase d'après Fernán Silva Valdés En mis pagos hay un árbol que del olvido le llaman donde va a despenarse, vidalitá los moribundos del alma. Il est un arbre en mes...

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