Portefaix

Portefaix

.... Portefaix du réel où s’agrippe le rêve, gourd, je vais, cheminant au pas de ma défaite ... Qu’est cette grande faim qui si souvent, m’éreinte, Ce vide en moi, immense et creux comme l’abîme, Abysse dans mon âme où sombre mon désir, Si vague en cette...

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Intime fief

Intime fief

C’est pas la peine d’en crier, La veine est là, dans l’encrier, Au fond du puits de la mémoire, Flaque d’eau sombre comme moire. Et le silence est notre appui Au sein corrompu de la nuit, Farandole cauchemardesque En vain dessinée comme fresque. Et ce...

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En gerbes de silence

En gerbes de silence

L'aspergillus Chaque matin venu, à l’heure où je m’esseule À contempler le jour, poète maugréant Sa glose, bien souvent, ouverte ma croisée Laisse passer le jour aux rumeurs du dehors. C’est l’heure calme où le soleil hésite encor À poindre en cette orée,...

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Continuum

Continuum

Encore un jour passé, maussade sur ce cœur, La joie ni le malheur n’ont accosté ma rive, Il n’est là qu’eau dormante en calme profondeur, Et tout n’est que latence en mon souffle changé. À moi-même, pourtant, je me sens étranger, Inerte vagabond aux pas...

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Petite sœur

Petite sœur

Photo : Dilip Mehta, 1983 C’est un grand garçon mince, ado depuis hier, Presque deux fois plus grand, déjà, que la fillette Qui trotte à son côté sans lui tenir la main : Petite sœur, grand frère, ils se hâtent, sans trop… Ce qui se joue entre eux est...

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La carie de l’acarien

La carie de l’acarien

Un acarien De trois fois rien, Qu’était compaing D’un p’tit saurien Un rien vaurien À Rio s’en vint, Chez les cariocas, Porter son cas. D’une carie, quel grand débat, Voulu qu’on le débarrassa… Un dentiste Pour ma dent triste ! Disaient-ils aux cariocas...

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Danny Boy

Danny Boy

Un chant. Comme une larme sèche Epanchée au souffle du vent, Une voix monte vers les nues, S’enroule dans le firmament. Alors l’espace, en un moment, À vif en ses traces ténues Tombe, à nos yeux, son paravent ; S’éclaire au feu de notre mèche. Lors, de...

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Drogman

Drogman

ciel de dom tbo, http://www.fotocommunity.fr Non pas un interprète, à peine un truchement ; Dans l’argile, une main pétrissant le discours, Une voix, dans le chœur, où l’harmonie s’invente Au geste créateur voulu par un auteur. Le poème s’enfuit dans...

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La putain majuscule

La putain majuscule

1. La pub est la putain qui racole au grand jour, Ressassement, marée de litanies vulgaires, Emplissant notre bouche, enragée à gober, Exaspérant nos faims jusque dans les plus viles. Prétentieux et hautains, obséquieux et serviles, Ses princes fanfarons...

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Ecumes et runes

Ecumes et runes

Albert Hartweg, En lisière de crête, aquarelle Les nuages sans fin s’amassent sur nos têtes Et les beaux jours d’été ne sont qu’un souvenir. Crois-tu, mon cœur, encor, crois-tu en l’avenir Où la vieillesse vient qui passe sur nos crêtes ? Demain n’est...

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Piège

Piège

Albert Hartweg, été indien, aquarelle En la forêt de beau regard Un jour j’ai pris ma déshérence Au piège heureux de tes grands yeux. Depuis lors vais à l’entre deux Aux chemins creux de mon errance Sans jamais craindre où je m’égare. Et tend mon col...

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Où culmine ma frime

Où culmine ma frime

Refuse avec dédain, poète un calembour, Sévérité, c’est vérité ; sérieux sert Au agapes du vers refuge en ton désert, Et contre paix, échange opale en bourg. Ah cette engeance en toi trame son vain discours, Qu’est-ce ? Tes pas, de ces appâts et de sornettes...

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Rue de l’observatoire

Rue de l’observatoire

Lea Vivot (1989) Le banc du secret, Montréal Un garçon, une fille, assis, là, sur un banc. Ils font salon à ciel ouvert, en se causant, À demi-voix et les yeux dans les yeux - de quoi ? Près de l’observatoire, au giron de la ville, Je sais un lieu désuet,...

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Hussard

Hussard

Théodore Géricault, (1791-1824), un hussard chargeant La mort tue la mort même et nous n’y seront plus Pour vaquer au tombeau devant l’heure mortelle. Hélas, enfin dissouts nous serons le silence, Roides comme la pierre et froids comme le marbre. Comme...

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Sous le parapluie

Sous le parapluie

L’onde ruisselle à nos fenêtres, Tout est noyé, se fait mouiller, La brume court sur la forêt, Gouttelettes sont promenoirs. Dans toutes flaques des sautoirs, Nul enfant ne sait l’ignorer, Boire la pluie, rire, touiller : C’est un bonheur aux petits êtres....

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Promeneur du soir

Promeneur du soir

El Greco, (1541-1614), L'évangile selon Saint Jean, détail Juste un pas de côté, dans la presse du monde, Le poème est ce lieu où ma trame s’abonde ; J’y enrichis, parfois, du doute que j’inscris Acronyme, la rime où se perdent mes cris. Je donne, partageur,...

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Promenoirs

Promenoirs

Alors, en l’aube ensanglantée, / Trame diaphane aux firmaments... 1. Comme ils sont du côté de l’ombre Les poètes, ces musiciens, N’aiment rien mieux que la pénombre Enluminée des jours anciens. Ils repeuplent la nostalgie De leur pâle mélancolie Où l’harmonie...

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Au dessin des rumeurs

Au dessin des rumeurs

Corinthe, Jeune homme jouant de la lyre, vers 500 av. J.-C. Ces quelques mots, encore, avant que la nuit vienne, Ma lyre n’est point morte, ou froide ma lanterne, Mon œil sombre reluit sous ma paupière lasse Et ma lèvre s’enquiert où la muse conspire....

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Maraudeur

Maraudeur

La marelle, c’était les filles, Les garçons, nous jouions aux billes, Aux gendarmes et au voleurs, Jusqu’aux sonnettes des quatre heures. Mais moi je n’aimais pas l’école Et lorgnais, loin des farandoles, Ceux dont je craignais les risées, Les bourrades...

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