Mère-grand

Mère-grand

Un souvenir en super-huit... Parfois je pense au vieux visage,Si creux, si doux, usé ; marquéDe taches brunes, mais si sage ;Grand-mère, que j'ai tant aimée... Tu gardais de ton vieux printempsL'éclat luisant dans tes beaux yeux ;Si grise, vaincue par...

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Stances

Stances

Francis Bacon (1909-1992), portrait de Michel Leiris Ton souffle sur ma bouche, La sueur à notre échine, La chaleur de nos peaux et leur consentement, Cet assoupissement de nos corps épuisés Qui cherchent dans la chair des raisons d’espérer : Arrachés...

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Rodomontade

Rodomontade

Honoré Daumier, (1808-1879), un matamore Je vais porter ma viande à l’étal du boucher Tantôt, pour qu’il découpe un méchant carcinome, Un fongus, un cancer, la bête qui me ronge : La camarde s’en rit, elle aiguise sa faux ! Ma vieille, si tu veux, prend-moi...

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Traine savate

Traine savate

... Enfin voici, ouf, il s’épate, L’école pleine de marmots : Maintenant traine la savate… Une besace sur son dos Un petit bonhomme se hâte, La cloche sonnera bientôt ! Il faudrait être un millepatte Pour arriver à temps : au trot ! Comme il court ! Il...

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Lapérouse

Lapérouse

Le comte de Lapérouse (1741-1788), et ses deux navires, La boussole et L'astrolabe En la mer des Sargasses, Sagace, Aux sarcasmes Du phasme, Qui prend le pouls Du poulpe, A bout, Battant sa coulpe ? Est-ce le calamar Qui s’amarre En sa mare ; Ou sont-ce...

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Soleil naissant

Soleil naissant

Claude Monet, (1840-1926), Impression, soleil levant, (1872) Comme une fleur qui danse un enfant farandole À deux pas de sa mère au sortir de l’école ; Silhouettes au loin qui passent dans la rue Où, seule, en la croisée, mon âme s’est émue. Flammèches...

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Cale sèche

Cale sèche

Ivan Konstantinovich Aivazovsky (1817-1900) J’ai fuit, devant la nuit aux ombres de l’aurore, À guetter l’horizon qui pâlit lentement, La future agonie est là, qui s’élabore, Et j’en sais le contour en mon linéament. Âme ne suis qu’un corps et j’en sais...

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Méandres

Méandres

Madeleine de Scudéry, (1607-1701) À peine un souffle depuis lors, Le temps nous a joué des tours Hier discourions des amours, Jeunes, beaux, vigoureux et forts. Hélas, que s’est-il donc passé ? Déjà sommes vieux et perclus, Tristes et fatigués, reclus...

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Méridien des solitudes

Méridien des solitudes

... Scribe, griffonne ton mémoire ... Sténographies, traces écrues, strates, dépôts, ruines et crues ... Je n’en peux plus de ces discours, Et mon carnet s’emplit toujours, Pauvre poète de rencontre Au jeu de son contre la montre. Scribe, griffonne ton...

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Bouquins

Bouquins

Albert Hartweg, Dédale, aquarelle (détail) Livres d’art ou livres brochés Sur un étal, amoncelés. Empochées, froissées, malmenées, Sous le regard des boutiquiers En vain, s’effeuillent nos pensées, Aguets, aux quais, sur les pavés. Et les chalands s’en...

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Boulevard des allongés

Boulevard des allongés

... Marbres gravés, croix, monuments, Stèle effacée, grilles rouillées ... En pédalant ou bien à pied, Jour après jour, cahin-caha, Je suis encor du bon côté Du boulevard des allongés. Je longe, longe le muret Pierres tombées, pierres tombales, Marbres...

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Edit de comédie

Edit de comédie

... Aux cendres de cet incendie, Récits qu’homme, dit-on mendie ... Je dédicace cet écrit Aux paroles que l’on redit Et à tout ce qui s’en dédit. Aux cendres de cet incendie, Récits qu’homme, dit-on mendie, Ainsi qu’aux dîmes de ses nuits. Ourdi des moires...

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Gomorrhe

Gomorrhe

Rogier van der Weyden, (vers 1400-1464), polyptyque du Jugement dernier, détail Rien n’arrive jamais, qu’un autre jour, encore, Aux prêches inavoués de nos tristes Gomorrhe Et chaque fois, toujours, un peu plus, on pérore. Il nous faut éloigner le spectre...

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Onze novembre

Onze novembre

Mémorial du Col du Linge : ... Aujourd'hui son nom seul, sentinelle importune ... Rémy Renaud dormait à l'ombre des grands pins, Pourquoi l'éveillez-vous gens qui fouillez la terre ? Rémy Renaud dormait, soldat d'un autre temps, Couché sous les grands...

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Novembre incongru

Novembre incongru

Mais, pour l’heure, il fait bon, la vie semble facile, et les arbres en feu nous couvrent de corolles. Parfois une douceur, en plein cœur de l’automne, Evoque le printemps dès avant la froidure. Malgré des frondaisons la jonchée monotone, Lors, rêvons...

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Parturience

Parturience

... Qui sait lire le mot caché sous la rature, en la matière humaine où tout change et fluctue ... La parole est un lieu que le mal peut instruire, Envahie par l’ordure, ainsi qu’un champs de ruine, Champs de guerre inavoué parsemé de cadavres, Elle peut...

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Erbarme dich

Erbarme dich

Kathleen Ferrier, contralto, (1912-1953) J’ignorais tout, alors, de ce havre tragique.La suave mélodie du violon, chantournée,Captait mon attention malgré le rubatoEt les portamenti outrés de l’interprète. Et puis la voix, soudain, comme une fleur secrète,Et...

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Equinoxe

Equinoxe

... Et la nuit morte, ainsi, dédie à l’aube grise ... les ténèbres, blanchis ... C’est un fourmillement dans la neige salie… Et sont multiples, mille ou peut-être cent-mille, Empreintes révélées, piétinement têtu, Que font jour après jour les destinées...

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Discantus

Discantus

... Ecoute en cette ébauche qui nous transfigure ... Pour aimer, pour subir et battre notre attente ... Recherche l’harmonique en l’aube murmurante,Cette note diaphane expirée de la corde,Transparente, dans l’air où se meut son épure,À vibrer sous la...

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Au sépulcre du rêve

Au sépulcre du rêve

... Se tailler un linceul de la voile qui pend Et flotte vaguement dans la brise plaintive ... J’ai patiemment bâti, de mes désillusions,Le sépulcre latent où je porte mon rêve,Chaque jour, un à un, j’y viens ensevelirLes songes que jadis j’inventais...

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