Buffon

Buffon

... Ainsi lèse au logis ce bouffon de Buffon et sa zoologie ... La guenon qui dit oui Au kiwi qui dit non ; Le ouistiti qu’ouit Le dindon, qui, de nom Connut, c’est capital, Une oie du capitole, Et le mâle orignal Original en son atoll. La sole élit salon...

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Funèbres agios

Funèbres agios

... L’usurier de l’Hadès engrange ses agios ... Au banquet des humains, quand le bal est fini, La vie fait l’addition et la mort nous encaisse Pour solde de tout compte : il n’est point de crédit. L’usurier de l’Hadès engrange ses agios ; Qui remporte...

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Boussole

Boussole

... Astrolabe en nos mains, l’écheveau de notre âge, s’évide, lentement, comme un songe incertain ... J’entends claquer l’horloge en son tic-tac pesant. Il fait rouler sa meule où le temps, qui s’égrène, Appuie négligemment au chant des contrepoids, Là...

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Double solitude

Double solitude

... Nous sommes cet exil, farouche passager de l’espace ... 1. La rue dort, le sol luit. L'ombre sombre d’une ombre, Obscure silhouette, floue, enténébrée, Divague. Elle louvoie au seuil de la pénombre, Sous le cuivre blafard d’une lune empourprée. L'air...

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Épure en l’aube grise

Épure en l’aube grise

Le Parana, drossé sur le récif et cassé en deux par la houle le 7 octobre 1877. Dessin le Monde Illustré Certes, j’étais rétif, hâtif et sans scrupule En ma jeunesse, mol et fol, tel une injure Et sûr, peut-être pur, dur orgueil majuscule. Les froidures...

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En attendant la fin de l’acte

En attendant la fin de l’acte

... Là, de marbre et d’albâtre et de roc, rassemblé, Je défie le néant sans l’ombre d’un remord ... Ainsi, face au péril, je veille sans trembler, J’entend grincer au loin le charroi de la mort, Que mène un phaéton pareil aux noirs fantômes. À la bouche...

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Potins de basse cours

Potins de basse cours

... Marri, reste marron, Pour cause d’une garce, Le dindon de la farce ... De Didon Ce dicton : Bouches closes Valent cent roses. À nos lèvres laissons Soin de cette leçon... La dinde du dindon, Un don D’Indes, donc, Etait pourtant, dit-on Quel chic,...

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Si le bon dieu

Si le bon dieu

Si le bon dieu, ‒ Ne t’en déplaise, Cabu, mon vieux, Dans l’outre tombe Existe ; Sans doute au seuil de sa coterie S’était-il fait, En paradis Fendard, la gueule À Cavanna, à Goscinny, Au père Choron ou à Desproges, Enfin tout un cénacle De farceurs Pour...

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Pour duper le trépas

Pour duper le trépas

Le grand Duduche, par Cabu, (1938-2015) Puisqu’il faut tenter de sourire, Malgré le deuil, malgré le drame, J’élèverai, telle une flamme La remembrance de ton rire. Je plaisanterai ma douleur, En l’outre-larme de mes joies, Jadis, où furent claires voies...

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Fête des mères

Fête des mères

... Mais bonhomme, tout fier, en son bonheur explose ... Il a le regard sombre et profond comme un lac, Petit garçon farouche à l'œil noir, bel et brun. Il hésite et se penche à l'étal du fleuriste, Y cueille un frais bouton, le respire, le pose ; Trie,...

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Œuvre au rouge

Œuvre au rouge

Thomas Wyck (1616-1677), cabinet d’alchimiste, détail Ensommeillé, parfois, jusqu’aux abords du rêve, Je me tiens écarté de la presse du monde, Solaire, alambiqué, taciturne et songeur, À fourailler ma rime aux trilles du concert. Qu’est ce donc que je...

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Dérives du temps

Dérives du temps

Je suis cet œil ouvert ... esquissant un sourire ... Je suis cet œil ouvert, attentif aux épures. Mon oreille, aux aguets, entend, dans les murmures Des arbres, des forêts, dans les rumeurs du jour Une essence secrète où s’épanche un séjour. Alors ma...

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Le doute

Le doute

... Je contemple, en rêvant, la voûte des cieux lourds ... Inutile regard au monde en sa battue Je traîne mon dégoût dans la langueur des jours, Et, poète incertain où la muse s’est tue Je contemple, en rêvant, la voûte des cieux lourds. Sans cesse je...

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Cabu

Cabu

Jean Cabut, dit Cabu, né le 13 janvier 1938 à Châlons-sur-Marne, assassiné à Paris le 7 janvier 2015 L’esprit, l’humour, la joie, le talent débonnaire, Le sourire tranquille et la foi dans l’humain, Non, rien de tout cela ne pèse vraiment lourd Face à...

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Chablis

Chablis

... Là, dans la solitude, à notre noir démon céder, compromettant notre âme en vain chablis, ... Pourrie par le mensonge où chacun fait sa geste, Notre société crie une muette souffrance, Et le regard vicieux des écrans pleins de peste Etale devant nous...

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Famine

Famine

Jean Cocteau (1889-1963), La belle et la bête Ce sont préceptes vains où nous agonisons Dans le fer des névroses. Cette bête veux boire, Qui se repaît en nous du sang et des entrailles, Passagers impuissants des essences amères. Et nous buvons la coupe...

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Opus cent

Opus cent

Leopold Kupelwieser, (1796-1862), portrait de Franz Schubert, 1821 Trio avec piano, violoncelle et violon, Deuxième mouvement. Grave, une mélodie Ample, suspend mon souffle, inexorable pas Marqué, pizzicato. C’est la marche immobile, Souffrance inéluctable,...

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Chanteur des rues

Chanteur des rues

Mais une âme, parfois, croise ce solitaire... Sonore grande voix, il tonne par les rues, Debout, un peu voûté, jouant l’accordéon Qui marque la mesure et scande sa chanson, Rythmée, sur les pavés, par le flot des passants. Il dit « malincunia, et la canzon’...

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Nourrisson du ciel

Nourrisson du ciel

... serai-je nourrisson des firmaments, demain, miroitants sur la mer ? Chaque pas que l’on fait nous mène à cette tombe Où va gésir, demain, ce peu que nous étions. Renversé dans la nuit, forme en la calme épure Du ciel silencieux qui couronnait nos...

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