Gros-Jean

Gros-Jean

... Les bruines, les embruns, se dispersent, céans aux nuées parsemées des âmes en lambeaux ... Modestement je pose en la rime volage Un peu de ce souci qui est mien, coutumier, Un peu comme on respire en un ciel carnassier Avide de ce souffle à notre...

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Humble conduit

Humble conduit

Reconstitution du « conductus » Porta salutis ave (Andreas Janke, Université d’Hamburg) Entre veille et sommeil, l’heure semble propice, La muse me viendra, il me faut un début, À son débit de mots je pallierai, tantôt, À moins que je pâlisse à son mètre...

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Rancé

Rancé

Armand Jean Le Bouthillier de Rancé peint de mémoire par Hyacinthe Rigaud (1659-1743) Depuis Le puits Du Puy, Je veux L’aveu Du vœu. J’avais, Salve, L’ave Mais l’ite Délité S’alitait. Ainsi J’en suis Ranci ; Disait, Sensé, Rancé. octobre 2015

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Écheveaux

Écheveaux

... Aux mille trames nues de nos vies scarifiées ... Visages entrevus, vous contez tant de peines Qui émeuvent l'instant dans le flot de nos rues ! Où vont toutes les âmes à jamais perdues Dans la foule vivante, épandues comme veines ? Une rumeur s'épanche...

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Thème, variations et fugue

Thème, variations et fugue

Fernand Léger (1881-1955), Portrait de Rimbaud, 1949 sur un poème de Rimbaud 1. On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans. Un beau soir, loin des bocks et de la limonade, Poète adolescent aux cahiers d’écoliers On se prend pour Rimbaud où l’idée qu’on...

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Conseil de révision

Conseil de révision

Honoré Daumier (1808-1879), Le conseil de révision à Passy en 1842, détail Le cancer est un lieu que l’on n’habite pas. En soi et hors de soi, bailleur et locataire, Toujours à espérer l’exploit de son huissier Pour vous mettre à la porte d’un hôtel branlant....

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Compote mixte

Compote mixte

... Le kiwi, lui, dit oui, à la pomme d’amour, sans détour, qui s’enfuit à la hâte rouge comme tomate ... Où la fraise Est à l’aise La framboise La toise, Et chaque fruit, Sans bruit, Se dépêche. La pêche, Qu'a la pèche, Est de mèche Avec le citron, Si...

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Comme fait une fleur

Comme fait une fleur

... Vous êtes épanouis comme fait une fleur ... Je n’ai jamais douté de mon métier de père, Au moins tant que vous fûtes, mômes, mes petits. Oh, la tendresse émue au murmure d’enfance Et tout cet apparat de vos babils charmants ! Ainsi vous fûtes clairs...

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Ombre en l’obscur

Ombre en l’obscur

Georges La tour (1593- 1652), La Madeleine repentante, v. 1640, détail Parfois j’en ai assez de moi, De ce manteau de solitude, Rapetassé, cache misère, Pesant, poisseux sur mon épaule. Et puis j’ai assez de ce rôle, Mensonge épris d’un pauvre hère, Aux...

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Do, si, sol, la

Do, si, sol, la

Si Richard Wagner avait tenu son blog ... Si l'eau d'ici, De l'au-delà De ci, de là Dit les dix lots ; Quand l'édile, oh, Décide, holà, Si l'Adèle a Laudes aussi ; Do, si, sol, la, Des cils, l'ado De ce dol là, Au dos des scies De l'idole a Médit aussi....

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Miroir brisé

Miroir brisé

... Un miroir brisé sur les chemins de l’aurore n’est plus qu’en une myriade d’éclats ... L’enfance est le lieu De l’intensité absolue des émotions. Ainsi un enfant triste est-il affreusement triste, Même si ce n’est que pour une poignée de seconde. Et...

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L’Ankou

L’Ankou

... La Parque aveugle, la têtue, la faucheuse, veuve, l’Ankou ... Puis l’on comprend qu’on va mourir. Un jour, au détour d’une rime, On mesure l’absurdité De ce destin, corps fourvoyé. Et l’on voudrait la soudoyer, La camarde en sa surdité, Ou la distraire...

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Alizés

Alizés

Edward Moran (1829-1901), Bateaux de pêche au soleil couchant, détail S’il te faut revenir à quelque rythme ancien, En cette longue absence où les mots n’étaient rien, Où le silence épais des lentes habitudes Marquait ton front charmant de longues hébétudes...

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Impossible désir

Impossible désir

... Voici l’épiphanie des sinistres agapes ... La veulerie, pourtant, trouve à dire son fait, Nos écrans, nos revues, abondent le surfait, Le médiocre bruyant s’empanache, à grand bruit, D’un rideau de fumée qui semble son seul fruit. Et voici qu’il faut...

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P’tite analyse

P’tite analyse

... Aux lits des petits font dodo Sigmund Freud et sa libido ... Dedans Vienne à la belle époque En étudiant les hystériques, Sigmund, cynique et fort en Thèbes Devint devin à son divan. Œdipe était un drôle de type De Laïus il cassa la pipe Et sa Jocaste...

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Solstice immaculé

Solstice immaculé

... Solstice immaculé d’une marée d’enfance ... Je balbutie le monde en mon chant solitaire, En chaque mot dormant que ma tristesse esseule, Devant l’ombre du jour, ermite du silence. Poète vagabond j’inscris en mon errance L’ambitus impuissant des rimes...

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Peines effeuillées

Peines effeuillées

À la croisée des chemins, détail, aquarelle d'Albert Hartweg Dans la maison heureuse où le deuil est passé Errent, les yeux rougis, que les pleurs ont brûlés, Les femmes en prière et les hommes, gênés. On cherche en vain des mots pour combler le silence...

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Ombres de pellicule

Ombres de pellicule

... Là, mes fidèles ombres sont de pellicule... Je dédie ce poème à mes vivants d’hier Qui ne sont désormais, qu’ossements sous la pierre, Demeure en moi parfum de toutes leurs musiques : Y résonnent leurs ris, comme des harmoniques. Mon père aimait Raimu,...

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Douves

Douves

... L’homme les laisse, hélas, humbles défigurées, dépérir aux ronciers de la chose vulgaire ... Aux douves d’ignorance sont des fleurs fanées, Sèches et racornies, aux feuilles surannées, Vestiges sur leurs tiges compassées ; enfin Mortes évaporées aux...

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Recrues

Recrues

... Et, pérorant en nos déserts ... D’un vaste chœur mélancolique, Egarés dans le firmament, Séparés, nous allons vaguant, Inconsolés, meurtris, diserts. Et, pérorant en nos déserts Inerte fétu divagant, Induit du verbe qui nous ment Passe notre ego famélique....

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