Fils à papa

Fils à papa

… Et mon ode, en cela, n’en devint aigrelette. Et puis un jour viendra, pour la muse en goguette … Pas un rond, un radis, pas le moindre kopeck… Oh certes, ce qu’il faut pour vivre décemment, Et payer à l’impôt la somme rondelette, Celle qui m’a manquée...

Lire la suite

Geste tendre

Geste tendre

Walter Richard Sickert (1860–1942) La ci darem la mano, d’après Mozart, détail Non certes, je ne sais trop bien chanter l’amour Ma muse là-dessus est pudique et sauvage, Je préfère en cela de loquaces silences : Ma sentimentalité hante l’abstinence. L’amour...

Lire la suite

Elucidé

Elucidé

... Vieux maitre, grand cantor, ineffable présence, / Qui déverrouille en moi la porte du silence ... Après une écoute nocturne de l'Aria variée à la Manière Italiennne, BWV 989 de Johann Sebastian Bach Deux heures sont passées quand ma nuit blanche crève...

Lire la suite

Florilège

Florilège

Edward Burne-Jones (1833-1898), Les hespérides, détail Dans le sillage de l’aurore Où, parfois, j’ai laissé mes traces ; Glissant vers la rive incertaine Aux bords étranges et fugaces ; Voici le lieu, vers les lumières Qui resplendissent sur la plaine,...

Lire la suite

Inatteignable truffe

Inatteignable truffe

... Tout le bonheur d’aimer en la simple bouchée ... Une truffe par jour, pour seule gourmandise, Non point du mycélium mais de l’humble cabosse ; Peu à peu transformée par un homme de l’art, En la source d’or brun d’où le plaisir s’exhale. Incises, nos...

Lire la suite

Baucis sans Philémon

Baucis sans Philémon

Arthur Rackham (1867-1939) Philémon et Baucis, détail Devant moi, jour à jour, je t’aurai vu vieillir, Jadis, cette promesse nous nous l’étions faite, De ne point nous quitter : l’amour est éternel, Au moins pour les amants dans la fête d’aimer. Certes,...

Lire la suite

Ce laquais lent

Ce laquais lent

Jacques Lacan (1901-1981) n'était pas là quand les cancans des cas lents, se calant, allaient se décalant C’est quand t’y vas au Vatican Vaticinant ton viatique en Vaccinant ta tique à l’encan, Hein, ma diva, va, t’y vas quand ? Si l’endive ah, dive à...

Lire la suite

Brave devant le jour

Brave devant le jour

... Non pas un capitaine, un découvreur d’igloos, / Mais homme simple et droit devant l’ombre voleuse ... Il riait, l’homme tendre accoudé sur ma vie, À l’heure de l’aurore où j’étais à venir, À peine un bruissement, déjà mélancolique, Tel un manque habité...

Lire la suite

Hiver sans nom

Hiver sans nom

... Nos corps vers la souffrance apprêtent leurs convois, / Nous sommes à jamais parades de l’effroi... Non, je n’espère plus rien dans l’éther sans dieux, La vaine camisole où sont esprits verbeux, Accablés de la crainte où mourir les domine, Se dupant...

Lire la suite

Rimailleur

Rimailleur

... La feuille morte est à Prévert / L’automne à ceux qui ont le temps ... Dans le beau jardin qui foisonne Sur un banc, l’heure après midi, Par un beau jour doré d’automne Amer, un poète a écrit. La muse n’était pas loquace, « Un vers sur deux », a-t-elle...

Lire la suite

Une sottie, une liesse

Une sottie, une liesse

Jan Steen (1625/26-1679) , La salle de classe, détail Après l’aubade du matin, Le cœur repus par ma détresse, J’avance, aux frasques du destin, Enamouré de ma paresse. Eh quoi ! Faut-il toujours bouger, S’agiter, bousculé sans cesse ? Je veux en cela...

Lire la suite

Môle de l’absence

Môle de l’absence

... Cherche, vain histrion le radoub de ta voie ... J’ai éteint le dernier lampion des jours passés Dans les lueurs froidies du petit matin blême. C’est ainsi de nos fêtes bientôt désertées, Dans le joug retrouvé de notre solitude. Hier rejoint sans heurt...

Lire la suite

Vieilles anches

Vieilles anches

... En la courbe du soir oyez, mes vieilles anches, / Musiques d’autrefois en habit des dimanches ... Ma tête lourdement penchée sur l’écritoire Et la nuit qui s’avance abonde mon grimoire, Ma main sur le clavier court, à moins qu’elle danse, Douce est...

Lire la suite

Escortés de l’azur

Escortés de l’azur

Castor et Pollux, détail, par Vincent Coffigniez alias Vinsz (né en 1977) 1. Ami je t’ai reçu, souvent à cette table, Nous parlions de nos vies, entrechoquant le verre, Futiles, nous aimions les plaisanteries grasses Où la ficelle est grosse et fumeux...

Lire la suite

Petit déjeuner

Petit déjeuner

... La fleur jaune des boutons d’or / Blondeur égarée dans le beurre / Qui disait la chanson des prés ... Je léchais consciencieusement, Du bout de ma langue râpeuse, À ma lèvre, mouillée de crème, L’onctueuse moustache blanche. La chaude odeur du lait...

Lire la suite

Sotto voce

Sotto voce

... Mille voix sans visage implorent l’émotion / Qui vibre, chanterelle au bord de la passion ... Pourquoi donc une voix émeut-elle à ce point Notre âme qui s’étanche à des lèvres, au loin, Entrouvrant une veille où le mal se dissout ? Aria déchirante...

Lire la suite

Partage, oh, Phaéton

Partage, oh, Phaéton

... Demain n’épuise pas la volonté du jour ... Il est tellement de poésie dans le monde, Si discrètement déployée, partout, Comment se peut-il que la laideur l’emporte, Du moins dans l’apparence ? Creuse, creuse limier du réel Il n’est point temps de...

Lire la suite

À peau, strophe

À peau, strophe

... Juste le sujet d’une strophe ... La mort n’effraie le philosophe. Ce n’est pas une catastrophe, Juste le sujet d’une strophe Dont son âme vous apostrophe. octobre 2015

Lire la suite

Couronnement

Couronnement

... L’enfance vibrionne, festonne, baroque, / Les échos ravivés de nos heures premières ... Je contemple l’enfance un peu comme la mer, Quand le regard aigu des filles, des garçons, Des petits cœurs tout droits et des âmes qu’ils ont, Questionnent dans...

Lire la suite

Morne friche

Morne friche

... Au passeur il faudra payer, / Poète, et songe à monnayer / Ton tribut sur ta langue morte ... Orphée implorant Eurydice, Un mot est une cicatrice, La page blanche un Achéron Où veille l’éternel Caron. Au passeur il faudra payer, Poète, et songe à...

Lire la suite