En sa crédence

En sa crédence

Johann Rudolf Feyerabend (1779-1814), copie de la Danse Macabre de Bâle La vie n’est qu’un songe virtuel Dans un réel sans conséquence, L’être est un épiphénomène, Matière en sa brève séquence. Et dans cette onde délétère Allons où le hasard nous mène,...

Lire la suite

Prince républicain

Prince républicain

Humblement dédié à l'éclatante modestie de tous ceux qui ne sauraient se reconnaître ici... Il aime à ressentir converger les regards Vers sa molle personne à l’heure du discours ; Tribun médiocre il a, en mesurant son verbe, Appris à dire peu tout en...

Lire la suite

Écho du ciel latent

Écho du ciel latent

... Ainsi se trace au jour ma forme en le réel, / Où je passe, étranger, comme un navire abscond ... Je ne sais pas pourquoi la vie me pèse tant Dans le décompte obscur de mes journées sans heurts, Où ne connais la joie, non plus que le malheur, Sur cette...

Lire la suite

Halètement

Halètement

... Oh, langueur retrouvée des bourgades, naguère ! ... Un îlot de silence, intense en centre-ville… Est-ce possible, enfin, que les moteurs soient tus ? Au minéral reflux de l’asphalte servile Une rumeur s'invente en nos cœurs impromptus. Une portière...

Lire la suite

Grisette

Grisette

Joseph Désiré Court (1797-1865) Rigolette cherchant à se distraire (1844), détail L'est toute chamboulvirée, ma p'tite âme, Toute débigoisée par une chansonnette ; Une romance à deux sous, Un mélo pas possible qui glisse sous Ses yeux trois larmes d'émotion......

Lire la suite

Hérésie

Hérésie

La forteresse Cathare de Montségur J’irai me perdre en l’onde où va tarir mon doute, Farouche et, tel l’enfant de la sombre déroute, J’irai hanter l’obscur et tendre mon filet Au pays dont mon cœur est toujours exilé. Dans cet ailleurs loquace où mon...

Lire la suite

Dix sonnets dissonants

Dix sonnets dissonants

... De vains tics d’esthétique / En la trame où je trime... Dix sonnets dissonants Et mon âme s’arrime Aux pensums assommants Où je rame en ma rime. Résonnant sans raison À l’écrit je m’escrime, Horizon d’oraison Où s’exprime ma frime. De vains tics d’esthétique...

Lire la suite

Pareil en ma livrée

Pareil en ma livrée

... Et puis je vaque, absent, aux tâches quotidiennes, / Aux éclisses rouillées, mauves, qui sont les miennes ... Je vais à petit bruit porter ma petite âme Au jour qui vient la prendre et ranimer sa flamme ; Il faut que je me lève, il faut que je lui...

Lire la suite

Refus

Refus

... Je suis un vantail refermé ... Promesse d’un jour incertain. ... Je suis un vantail refermé Où passe un souffle au clair matin, L’ineffable, le grain germé, Promesse d’un jour incertain. Là, je rends compte sous le ciel De l’infini à l’œuvre en moi,...

Lire la suite

Silencieux oublis

Silencieux oublis

... Le temps est achevé des années où l’on rêve ... Auprès de la croisée un vieil homme soupire. Il a le cheveu rare et sa santé décline, Il regarde sa vie comme un champ de décombres Et il ne chante plus, comme jadis, joyeux. Son avenir est tel sont...

Lire la suite

Vivre nous porte assez

Vivre nous porte assez

... En ce vaste océan je poursuivrai ma rive ... Toujours creusé par la douleur Et raviné par son empreinte Je m’attable, tendu, dehors, Sous la treille ouvragée de misère et de deuil. Ainsi la mort s’en vient pour nous rompre l’écueil. Non, la mer n’à...

Lire la suite

Séparés

Séparés

... Et, vaincus par l’instant, nos êtres de distance, Malgré nous séparés ... C’était un horizon de lentes perspectives, Une sourde frontière et le ciel inspirait, Latente, cette source où l’attente gisait En l’entre-deux songeur de nos proses lascives....

Lire la suite

Mauvais sang

Mauvais sang

Rembrandt van Rijn (1606-1669) Leçon d’anatomie du docteur Tulp L'art se terre en la fée morale Même en l’artère fémorale, Et ma veine se cave Même en la veine cave. Si l’ave n’est accorte, Non, sur la veine aorte, Nul ne conjugue en l’aire Sur cette...

Lire la suite

Potiche

Potiche

... Distillant tout l’ennui de sa morne éloquence / Elle tue comme on prie, mante religieuse ... Madame l’inspectrice a la bouche pincée, Raide comme un balai, qui toise son sujet ; Elle a le rire faux et sourit sans objet, Dans son strict uniforme, en...

Lire la suite

Ultime épitaphe

Ultime épitaphe

Hugo Simberg (1873-1917) Le jardin de la mort, 1896 1. Je suis un peuple de hasards Habité de mille rencontres, En moi meurent tout ces regards Au fil acéré de nos montres. Voyez le chantre dérisoire, Aède seul que nul n’entend, Qui rassemble en vain...

Lire la suite

Engeance

Engeance

... Tel un mouflet rageur, crasseux et immature / Dans l’eau pure, insouciants, déversé notre fiel ... 1. Et, toute honte bue, sans art et sans mesure, Nous avons épuisé, dilapidé la terre, Élevant notre rut à l’encontre du ciel. Pillant, en le navrant,...

Lire la suite

Evadée du silence

Evadée du silence

... Et, lorsque tout s’immobilise / Mon âme libre enfin s’envole ... Je réinvente le silence Aux lisières que font les cieux, Courbe, ma courte parabole, Evanescence en la nuit bleue. Et, lorsque tout s’immobilise Mon âme libre enfin s’envole Plane, s’évade...

Lire la suite

Drapeau rouge

Drapeau rouge

Lewis Wickes Hine (1874-1940), L'un des défavorisés, Hull House, Chicago, 1910 Au temps des galibots la France était prospère ; Monsieur Napoléon régnait sur la misère Et le bourgeois repus contemplait ce rebut, Dans la glèbe, la sueur de l’ouvrier perclus....

Lire la suite

Qu’est-ce qui se dénoue

Qu’est-ce qui se dénoue

... Rien, ici, qui nous comble et nulle part la joie ... En contrepoints des roues des trames ferroviaires Se balance une orée de doutes, d'étrivières, Quotidien grevé de notre incertitude Obsidienne, vision d'une morne hébétude. Ainsi l'on va son train...

Lire la suite

Parousie

Parousie

Jean-François Raffaëlli (1850-1924) L'orchestre des saltimbanques, détail Par la musique seule, en moi il naît une âme.Elle s’éveille au jour, fait de moi poésiePar le remord que j’ai de n’être contrepoint :L’enfer, pour moi, serait les voûtes du silence....

Lire la suite