Fils de l’obscurité

Fils de l’obscurité

Fernando António Nogueira Pessoa (1888-1935) Car tout auteur de l’ombre n’est qu’ombre d’auteur… Crier dans un désert d’affreuse solitude, Est pareil au silencieux seuil de l’hébétude, Tel un chant qui se perd en un bruit de moteur. Oyez le pauvre accord...

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Sonatines

Sonatines

... De fleur en fleur j’ai ma bohème ... Dès matines, ma sonatine Vrille son trille et, futée, tinte À l’envolée de mes sonnets, Campaniles où sont mes guets. Dès l’aube, où me tiens aux aguets, Convole et frôle tes sommets Fille où scintille, hors d’atteinte,...

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Rhumatismes

Rhumatismes

Domenico Ghirlandaio (1449-1494) Adoration des Mages, détail Je voudrais un instant oublier ma rengaine, Aboucher une flûte à mon souffle folâtre Et danser le menuet d’une antique ballade. Las ! Mon cœur est empli d’une rime maussade, Pareil à ce vieillard...

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Contrées factices

Contrées factices

... Hélas la nuit couvre mes ors ... Moi, je voyage dans ma tête, En mon âme est une allumette ; Y sont toutes mèches factices Où paradent mes artifices. Aux trames des fuseaux horaires Vont mes errances solitaires, En ma lisière immobile Je fais de ma...

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Makamouré

Makamouré

... Tes sons, met la dalle au six quarts, / Dès qu’on l’a faite aux lazzis roux ... 1. Isouléa là séoulée : Hasé, hasé mi confélé ! Rou zy laho féla condé Karsi, codala mésonté. Iponéma l’arzo monté, Calassalo quin fécondé, Miroumo, la, lasifélé Fala,...

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Répliques

Répliques

... A l’orée entrevue sous l’amas du décombre ... Double acrostiche en miroir A linéa songeur emplit d’une part d’ombre, L inéament du manque où tendent nos épures, I l est, comme ce creux qu’une forme réplique, N ative, une indigence, en nos âmes subtiles...

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Myriades

Myriades

... L’oubli de cette inaccessible perfection / Où git l’aube inédite et l’homme en réflexion ... Petit gamin, déjà, je pensais à la mort. Est-ce bien naturel en l’âge tendre, encor ? Couché contre ma mère, étendue près de moi, Je me disais « maman, surtout,...

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La lecture

La lecture

Francesco Bergamini (1815-1883), La leçon, détail Le cours élémentaire entonne la leçon. Be, A : ba, Pe, A : pa. Le maître à sa férule Indique, traits de craie, tracées sur le tableau, Les jambes et les boucles. Tantôt, sans erreur, Avec le porte-plume...

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Aux redans des roches

Aux redans des roches

... Homme tu n’es qu’un peu d’étoupe, / Mirage issu de ta vision ... Qu’en sera-t-il de nos dégoûts, Quand sera vide l’écheveau ? Qu’en sera-t-il de nos parades, Et serments jetés à tout va ? À peine plus qu’un petit tas. De cendres. Quant à nos bravades,...

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Morte aiguille

Morte aiguille

... Je sens une marée de désespoir diffus / Etreinte dans mon âme éconduite et lassée ... Altérité diffuse au chemin du passé, Je retrouve des lieux que je ne connais plus, Les sentes d’autrefois sont un regard perdu, J’erre, réminiscent, amer et compassé....

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En mon hutte

En mon hutte

... Fuite bénite, / Mon ammonite / Ne mène rite / Ni te délite ... Dans mes pénates, Me mène en hâte Pour tresser natte À mon mainate. Fine Ninette Saines, nos nettes Amourettes Sont saynètes. Fuite bénite, Mon ammonite Ne mène rite Ni te délite. Tu es...

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Chanson de balivernes

Chanson de balivernes

Raoul Dufy, (1877-1953) Clowns musiciens, détail Gens de biens ou bien gens de peu Ils s'accrochent aux croches Et s'opposent aux pauses, Réprouvent l'anacrouse − À moins qu'ils ne l'éprouvent, Aux soins de l'agogique Livrant toute logique. Ce sont les...

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Hâbleur solaire

Hâbleur solaire

... Ce qu’il fut ce menteur déjoué par l’automne / Qui, d’un voile de brume, habille sa clarté ... Ce que fut le soleil, aux niches de l’été, Quand sa fureur blondit aux champs des canicules, Où sa splendeur culmine et fulmine en langueurs Aux perles...

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Commodus Augustus

Commodus Augustus

Lucius Aelius Aurelius Commodus Augustus, empereur romain qui régna de 180 à 192 Commode n’était point commode,Car en son temps c’était la mode,À Rome, empire où se corrodeMême le colosse de Rhodes. L’empire empire et d’empereursEn empereurs, signe d’erreur,Décline...

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Celphone

Celphone

... Et ce flot de verbiage abroge la personne ... Elle est seule, elle est gaie, parle pour elle-même, Vaguant à petits pas sur le quai de la gare, Au milieu des gens, comme au milieu de choses, Elle n’est qu’un ego dans un désert de songes. Elle parle...

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Cœurs infertiles

Cœurs infertiles

...C’étaient de jeunes gens, / Filles au cœur léger, gamins montés en graine ... On voyait le public… C’étaient de jeunes gens, Filles au cœur léger, gamins montés en graine. Plein cadre était le chef face à la partition, Et l’on jouait de Bach une transcription....

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Sur l’étoile polaire

Sur l’étoile polaire

… Puis dans l’obscur, enfin, sous l’étoile polaire / Je trace entre mes vers l’écho de mon errance … Je m'en vais, bien souvent, au jardin, lentement, Pratiquer l'art paisible de la solitude. Il ne me faut qu'un banc, retiré, à l'écart Et me voici à l'œuvre,...

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Il ne faut croire en rien

Il ne faut croire en rien

... Une borne s’approche et barre l’horizon, / Lisière en l’infini où tremblent nos contours ... Nous ne demeurons pas, chaque jour nous invente,Et l’on renaît à soi dans chaque matin blême,Pareil à l’infini dans le lieu du poème,Epars et rassemblé dans...

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Telle une porte close

Telle une porte close

... Sinon qu’au grimoire un sermon, / Abscons, telle une porte close ... Quand je n’aurai plus de futur Que deviendra l’instant présent ? Il sera à d’autre que moi, Dont le temps assassin me prive. Quand j’aurai déserté ma rive Il n’y aura plus de pourquoi,...

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