En ce vaisseau terrien

En ce vaisseau terrien

Anonyme, XIIIe siècle Le seuil du dernier jour de l’année est atteint.J’ai écris tant de mots en mon livre virtuel,J’ai poussé tant de cris en ma demeure basseOù la douleur inscrite épousait mon silence ! Tout cela pour le vide, aux berges de l’absence,Et...

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Heure bleue

Heure bleue

... Mon silence emporte tant de rumeurs outrées / Que je brise mon sort en l’écueil de la rime ... Attendre en l’heure bleue que l’angoisse se taise,Bercer son âme nue en l’antique fournaiseEt puis de la douleur se faire une émotionDans le vague des mots,...

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Hiromi

Hiromi

Hiromi Uehara, née le 26 mars 1979, pianiste de jazz née à Hamamatsu au Japon Fraîche, belle jeune furie,Vierge folle, sage, houri,Elle jouait comme on s’envole,À son piano, libre et frivole. En certain, l’art est comme un isthme,Elle chantait « I’ve...

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Pour héler le malin

Pour héler le malin

Là-bas le diablotin dévale, au bal, hautainLe lot qu’un baladin, sala, dès, le matin. Mêlée dans mes salins mais dessous les moulins− Ma salle là s’alloue − qui voulut ce moût ? L’un. Ainsi dans les salins la pâle au ballotinSans mal ôta son loup pour...

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L’araigne

L’araigne

... Passager d’un instant disparu sans retour, / Tel l’insecte conduit par l’araigne en son fil ... Saisir en l’imperçu cet être qui s’échappe,Ectoplasme de sens, en moi qui s’intercale,Comme un masque impalpable en la cause solaire,Où le mensonge amer...

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Pâles rictus

Pâles rictus

Le Caravage, (1571-1610), Garçon mordu par un lézard, 1594, détail Il est quelque chose d’aride,Quand le verbe épand ses complotsDans le désert d’un cœur avide,Dessous l’envers de nos yeux clos. Là, dans le silence des nuits,Où vient bruire ce concerto,Desséchés...

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Zélotes

Zélotes

Simon le zélote, ici représenté tenant une scie, laquelle, selon la légende, présida à son supplice La parole nous ment et le passé nous nuit,La pensée va et vient entre ces deux aimants,Nous n’espérons jamais qu’en la répétition,Figeant nos lendemains...

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L'astrolabe

L'astrolabe

... Étrange pays sans boussole / Où sentes se perdent souvent ... Il est un rythme à quatre temps,Celui du vers octosyllabeOù je viens verser par instantMon âme au chant de l'astrolabe. É trange pays sans boussoleOù sentes se perdent souvent,Ne s’y lasse...

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La colère

La colère

Gustave Courbet (1819-1877), L'homme désespéré, détail Ce monde est un mensonge emballé à grands fraisDe vains colifichets plaqués d’or et d’esbroufes ;Ceux qui ont le micro travestissent leurs motsQui vont à contrario tant leur geste est obscène. Tout...

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Oblat gai

Oblat gai

Jean-Baptiste Carpeaux (1827-1875), Rieur napolitain, 1863 En ce premier d’avrilLance preux niais d’art viril,L’anse, lèpre y est, navre-t-il ? L’heure aux blagues estLeurre oblat gaiL’heurt au plat gué. Laids, qu’à lent bourg,L’escale en bourreLes calembours....

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Morte élégie

Morte élégie

... Elle pépie toujours et jase et se répand, / J’en ferais un portrait, quelque jour, en chanson ... Face à cette bavarde, impossible d’écrire.J’essaye vainement de rassembler mes sons,Musique d’apparence en mes charrois divers…Mais non, las ! Rien à...

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Couvains de la honte

Couvains de la honte

... Et l’on passe en ce lieu accablé d’un vain conte, / Comme ce comédien dont la scène est partout ... Est-ce une œuvre ce lot de verbiage inutile,Cette embase du vide où je fais ma complainte,Et que suis-je de plus au néant qui m’obligeQue cet obscur...

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Obséquieuses franges

Obséquieuses franges

... Dans le piège du croire il est un seuil livide / Et l’anathème nait d’obséquieuses franges ... Ce que nous dit la haine en ses chemins étrangesN’est d’aucune leçon et n’inspire que vide,Mort est son affidée, meurtre en sa gibecière. L’homme à lui...

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Galopins

Galopins

... Lors ils s’en vont en galopant / Jours après jours, à jour durant ... Pourquoi donc les petits enfantsVont-ils toujours, toujours sautant ? Cabriolant à cloche pied, riant, courant,Tant va la vie, le jour durant ? Pourquoi tant de grimaces,De pitreries,...

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Étrange bas-relief

Étrange bas-relief

Le relief de Cabrières-d’Aigues, scène de halage, IIe siècle ap. JC Mais la nuit va tantôt cueillir mon âme grise,Sur mes paupières lourdes le sommeil viendra,Je rejoindrai le temps qui n’a pas de frontière. Car le rêve est un lieu d’incertaine lisière,Furtif...

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Belle et label

Belle et label

Charles-Antoine Coypel IV (1694-1752), Trissotin lisant à Philaminte, Bélise, et Armande Isabelle,Labellisée,Que lisent AbelEt sa belle Lise ? Certes, Molière eut sa Bélise*Mais s’il faut qu’on l’élise,Hélas, sans sa baliseNon, ne bat Lise. Là s’en va...

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Banc de nage

Banc de nage

... Et la vague qui bat ma coque en sa déroute / Chavire peu à peau de l’étrave à la soute ... Je m’épuise de mots et de vaines paroles,J’écris comme un damné, trainant parfois des grolles ;Puisque je sens venir cette nuit qui m’appelle,De ma chaîne,...

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Vil corbeau

Vil corbeau

Ernest Bordes (1852-1914), Attila consulte les aruspices avant la bataille de Châlons, détail Si le temps ne s’arrête pas,La mémoire fige l’instant ;Si l’eau sur la rive est enfuie,Il reste le pont Mirabeau,J’y retourne chercher ma vie,À tout le moins,...

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Discours impatients

Discours impatients

Maurits Cornelis Escher (1898-1972), Le second jour de la création, 1925 1. Lorsque j’aurai conduit l’amour en ce matin, Dès lors que ton chagrin, seul, peuplera ma tombe, Où trépassent, lueurs, nos vaines effusions, Quel sera mon viatique au risque du...

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Tropaire abscond

Tropaire abscond

Extrait du manuscrit du « Tropaire-prosier à l'usage de Moissac », troisième quart du XI°siècle J’ai la tentation de la rimeOù ma pensée, verve de rythmeIncline aux rêves que je fais. Octosyllabe, alexandrinAux mortes eaux de mon chagrinVoici mon verbe...

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