Ce bon Lulu

Ce bon Lulu

Honoré Daumier (1808-1879), La jeunesse d’Alcibiade, 1842 (détail) Mon pull, mon culte,Mon réticuleEt mon pendule ; À l’enterr’ment du vieil UrsuleAncien consulQu’on ne consul- Tait jamais plusEt su’l talus,Sans plus, l’Élu, Ce bon Lulu qui toujours plut,J’en...

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Extase d’un moment

Extase d’un moment

Edward Munsch, (1863-1944), La mélancolie Allez, va continue, évite la question,Comme la fleur des champs contente toi du ciel,De la tourbe nourrie d’un ego substantielOù ton songe divague au vent de l’émotion. C’est assez pour ta vie de la brise qui...

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Digne fut l’ouvrier

Digne fut l’ouvrier

Adolph Friedrich Erdmann von Menzel (1815-1905), La Forge, Cyclopes modernes, 1875, (détail) Je regarde la pluie tomber sur nos perrons,Mouiller la pierre grise usée par l’érosion ;Nos pas, milliers de fois, l’un à l’autre ajoutésImperceptiblement mordant...

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Connivence

Connivence

Domenico Ghirlandaio (1448-1494), Vieil homme et enfant, détail L’enfance est un poème élevé vers le soir,Une réminiscence en l’âme qui s’émeutQuand l’or du crépuscule fuit dans l’air volage. La connivence vient au deux bords de notre âgeFleurir en la...

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Coryphée

Coryphée

Le Coryphée (Catherine Schaub) dans LES ATRIDES Les Eumenides d’Eschyle, trad. Helene Cixous, m.en sc. Ariane Mnouchkine,avec l'aimable autorisation du Théâtre du Soleil, Cartoucherie 1992 ©Michèle Laurent Il me semble, parfois, que j’ai l’âme si grandeQu’elle...

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Racines de l’exil

Racines de l’exil

... Je songe à tout cela devant ton corps gracile, / Enfant qui vient de naître et rit dans ton berceau ... 1. Le petit enfant dort et c’est une corolle,Frais pétales, jonchée dans son petit lit blanc,Murmures dans l’orée qu’il peuple me comblant,Son...

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Rectitude

Rectitude

... Nul corps contre le mien qui ne sait que gésir, / Désormais, où le vivre est une rectitude ... J’ai froid, si froid, ce soir en l’ample solitude,Mais le gel est en moi, nul ne viendra tiédir,Contre mon parchemin, sa jeune peau vermeille. Adieu l’humble...

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Nulle déesse

Nulle déesse

" ... L’Hadès au seuil de l’écritoire / Où cette page, en vain, se froisse... " C’est ma dérive. Sur mon erre,Un jour de plus, voiles carguées,Je vais à l’amble, sans dessein :Avance, va, mon vieux navire. Ici, dans l’aube qui chavire,En ce bas monde,...

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Bouquets de mélancolie

Bouquets de mélancolie

"... Jardinier de mélancolie, / En mon parterre est l’ancolie ... " Poème est une fleur d’ennui,Corolle orange d’un soucis, Épine dans un cœur morose,La simple gloire d’une rose. Jardinier de mélancolie,En mon parterre est l’ancolie,Boutons, d’or – on...

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Musique du regret

Musique du regret

... Comme les frondaisons outrées par les grands vents ... Ce calme relatif où bruit tant de silenceVers l’argutie du soir effondrée dans l’instant ;Ce bavardage clos où plus rien ne s’échange,Sinon, sous les mots creux, qu’un vide exaspéré ; Comme un...

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Douces cadences

Douces cadences

Jean-Siméon Chardin, (1699-1779), nature morte avec pêches, un gobelet, des raisins et des noix Nous sommes visités par de tendres images,Prémices des éclats où s’extasiaient nos joursEt, dans le sol verbeux de nos vains bavardages,Nos silences aussi,...

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Évidence

Évidence

Constantin Brancusi, (1876-1957) Le baiser Lâche, lâche la bride, un instant téméraire,À ton désir secret qui veille en ma chaumièrePrès du feu qui se meurt et rougeoie mollementComme tièdes ardeurs dédiées au firmament. Ma bouche à ton sein lourd apporte...

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Ici-bas

Ici-bas

Claude Monet (1840-1926)," La vague verte" détail Sous mon front, quelquefois, prospère le silence.Les jachères sont lieux heureux pour le poème :Aux friches de pensée erre la fleur sauvage. Comme, en un ciel serein, divague le nuage,Il est sente indécise...

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Invite dans les cieux

Invite dans les cieux

... Près de ma mère et de ma sœur, La camarde est en filigrane, Elle a fait son choix, la faucheuse ... J’étais ce môme inquiet, toujours,De ne savoir trouver sa place,Incertain de son moindre geste,Presque aux abois, empli d’angoisse. Mon image, en l’hier,...

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Telles lianes

Telles lianes

... lové telles lianes / Au port d’incertitude où je pose mon sac, / Amer, désemparé ... J’ai écrit plus de vers que n’ai vécu de jours… En ces mots exhalés s’inhument mes séjours, Le doute est en mon front incrusté par le verbe Et tant d’espoirs reclus...

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Inexorablement

Inexorablement

Hokusai (1760-1849), Ejira, Province de Suruga, série des Trente-six vues du Mont Fuji, v. 1831 Je suis la plaine dévastéeAprès la grande pluie d’orage,Après la nuit, l’aube effacéeJusqu’aux décombres du naufrage. Mon étrave n’est plus qu’un songeUne...

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Murmure en un plénum

Murmure en un plénum

... L’art est universel et n’a point de chapelle Son réel est humain et transcende le temps ... Il est un ciel profond de musique profaneQui touche le sacré par de puissants accords ;Et dans le chœur d’église, rive séculière,Un chant d’humanité plus fort...

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Mortes eaux

Mortes eaux

Édouard Manet (1832-1883), Marée montante Ce que furent nos jours et l’élan de nos reins ?Dans la confuse ardeur des années d’apogée,Sacrifiée dans la presse au vague quotidien,Notre vague, épandue, a couru sur la grève. En ce rivage amer l’écume d’un...

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Ma longe

Ma longe

... Amour encor me ronge / Et tire sur ma longe ... Le jour est à la pluie.Au ciel gris, tout m’ennuie,Tout finit, telle suie. Une mouche questionne,Bourdonne, tourbillonne,Où mon âme fredonne, Agacée, l’air ancien ;Une rime revientEt mon cœur se souvient....

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Dans ma guérite

Dans ma guérite

Victor Hugo (1802-1885) manuscrit, "Oh ! N'insultez jamais une femme qui tombe !",1835, extrait La faute en est à nous. A toi, riche ! à ton or !Cette fange d'ailleurs contient l'eau pure encor.Pour que la goutte d'eau sorte de la poussière,Et redevienne...

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