Bastille rompue

Publié le par Lionel Droitecour

" ... Ma bastille rompue vomit ses mercenaires ... "

" ... Ma bastille rompue vomit ses mercenaires ... "

Le mal, sournoisement, se love en mes entrailles,
Anaconda géant ou lascive lamproie ;
Inerte pesanteur à trousser sa nausée
Sur ma bouche ulcérée qui module sa plainte.

Rencogné en ce corps qui n’est plus qu’une atteinte
Mon âme racornie semble décomposée,
Tel l’est cet alluvion où se terre une proie,
Isthme qui s’exaspère au charroi des rocailles.

Et puis soudain la crampe, aiguë, intolérable ;
Ma bastille rompue vomit ses mercenaires
Et, toute honte bue, je gueule mes misères.

Ma personnalité que la douleur arase,
N’est plus qu’un drapeau blanc, sanglant et misérable,
Tendu vers un reflux comme vers une extase.

février 2016

 

Publié dans Fongus

Commenter cet article