Une terre en travail

Publié le par Lionel Droitecour

... Et l’homme occidental en sa manne importune / Une terre en travail en l’énergie pérenne ...

... Et l’homme occidental en sa manne importune / Une terre en travail en l’énergie pérenne ...

D’une pluie d’encre bleue je mouillais mes parvis,
Jadis, adolescent, dans le sein d’une ville,
Solitaire, déjà, maussade et poursuivant
La rêverie d’enfance où fuyait mon désir.

Dans cet encan bavard il me semblait gésir,
Il était tant à être aux brisures du vent,
Et j’avais tant de mots en ma sente intranquille,
Tant à dire au miroir, unique vis-à-vis.

Vie à vie, je le sais, il n’est plus d’espérance,
Mon âme sur son erre escorte ma défaite,
En ce déroulement morne où chante ma fin
Là-bas, dans l’avenir qui désormais s’approche.

En l’immobilité, sans attendre le coche,
Le présent m’est un havre où je suis calme, enfin,
La déroute certaine est inscrite à mon faîte,
Au chantier déserté de mon œuvre en souffrance.

D’un pan de mur aveugle au milieu d’une ruine,
Dans un monde qui veut sa propre déchéance,
Je fais, tel un maudit incapable d’aimer,
L’épicentre interdit d’un réel sans substance.

Il en reste ce verbe au défaut de ma stance,
Herbe sauvage au chant qu’il me faut clairsemer,
Pareil, épouvantail en sa vide béance,
À l’ivrogne déchu où le néant chemine.

J’ai construis, sans remord, ma futile géhenne,
Croisée patibulaire au gibet d’infortune,
Je n’étais que cela qui bruit et qui frissonne
Au chaos sans éthique où le social se jette.

Allons, un pas encore au seuil où la mort guette,
Nous y serons tantôt, la camarde fredonne,
Et l’homme occidental en sa manne importune
Une terre en travail en l’énergie pérenne.

août 2015

 

Publié dans Citoyen

Commenter cet article