En la sente promise

Publié le par Lionel Droitecour

... Le cœur comme un friche et l’âme ravagée, / Sa vie comme une lande à jamais saccagée...

... Le cœur comme un friche et l’âme ravagée, / Sa vie comme une lande à jamais saccagée...

L’amour parfois s’éprend des huis, des portes closes,
Il devient une chaine et semble une prison,
D’aucuns se font d’aimer une condamnation,
Ban de nage maudit des affections forcloses.

Vaines sont nos amours à moins qu’elles libèrent,
Lueurs en l’horizon où lève, en l’avenir
Une moisson d’orées toujours à survenir,
Clartés sur nos sillons, éclats qui nous sidèrent.

Car l’être se retranche aux rives obsidiennes,
Dans la crainte de perdre sont élancements,
De hideuses pensées froissent nos firmaments,
Le déni fait son lit aux trames quotidiennes.

Aux guérites du temps on se fait sentinelle,
Aboyeur du désir sur le ton du reproche
Sous un masque haineux la défaite s’approche,
Et la joute d’aimer s’aiguise en la querelle.

En la détestation se change notre ivresse
La bouche qu’on aimait en vient à nous maudire,
La tendresse altérée en arme vient détruire,
Cauteleuse le don que fut une promesse.

Et l’on traine sa vie dans le renoncement,
Le cœur comme un friche et l’âme ravagée,
L'âme est comme une lande à jamais saccagée,
Le corps contraint, toujours en son engoncement.

On ne sait que parfaire, en soi, la déception,
À giter sous l’azur telle noire corneille,
Glanant devant l’automne, en son ultime veille,
La douleur agacée en chaque perception.

Lors l’avenir se meurt où l’amour agonise,
Abasourdi, l’on voit se dissoudre ce chœur
Dans la fable d’un jour affublée de rancœur,
Et l’impasse venue en la sente promise.

octobre 2013

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