En sa crédence

Publié le par Lionel Droitecour

Johann Rudolf Feyerabend (1779-1814), copie de la Danse Macabre de Bâle

Johann Rudolf Feyerabend (1779-1814), copie de la Danse Macabre de Bâle

La vie n’est qu’un songe virtuel
Dans un réel sans conséquence,
L’être est un épiphénomène,
Matière en sa brève séquence.

Et dans cette onde délétère
Allons où le hasard nous mène,
Chaque jour en vain réitère,
Et ressasse un même rituel.

Nous croyons durer en la stance
En répétant notre leçon,
Pavanons en la circonstance
Au refrains de nos barcaroles.

Nos paravents sont de paroles,
Y cabriolent nos cimaises
Nous sommes la contrefaçon
Où la camarde prend ses aises.

Et dans l’espace du vivant,
Voici, est notre farandole,
S’y bousculent les histrions,
Au son d’une musique folle

Allons, c’est la macabre danse,
Où sans déesse nous prions,
L’âme pendue en sa crédence
Voile déchirée par le vent.

avril 2015

Publié dans La camarde

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A
Ah, cher ami, je vois avec joie qu'il arrive que nous soyons en phase sur le vrai sens de la vie, même si tu t'en défends ! :-)

"La vie n’est qu’un songe virtuel
Dans un réel sans conséquence,
L’être est un épiphénomène,
Matière en sa brève séquence."

Entièrement d'accord, à la nuance prêt que je crois (avec la science quantique) que la matière n'existe pas, en fait... Tout n'est qu'ondes, information, que nos récepteurs décodent et en font un monde que nous éprouvons comme matériel.

Chose que tu confirmes d'ailleurs (involontairement, certes !) un peu plus loin :

"Et dans cette onde délétère
Allons où le hasard nous mène,"

Comment ça j'interprète ? Non, non, c'est écrit ! :-)

Très beau poème, en tout cas, merci !
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A
J'aime beaucoup aussi le nom du créateur de l'illustration "Danse Macabre de Bâle" Johann Rudolf Feyerabend, Feierabend voulant dire comme chacun sait "fin de la journée de travail", la quille, quoi ! :-D