Grave ostinato

Publié le par Lionel Droitecour

Invention à deux voix, autographe de la main de Johann Sebastian Bach

Invention à deux voix, autographe de la main de Johann Sebastian Bach

Depuis que le cancer est entré dans ma vie,
La musique de Bach s’élève en moi toujours,
Une fugue, un prélude, une variation,
Une cantate ou bien le chant de la passion.

Je me hisse avec elle en ces contrées subtiles
Où le mal amoindrit ses ondes volatiles ;
Ce n’est consolation en ces parfaits séjours,
Mais le sens abordé où l’ombre nous convie.

Dans la polyphonie ardente de ces lignes,
En l’impérieux écho d’un canon singulier
Il est en notre ego une métamorphose,
Où notre chrysalide oublie enfin sa glose.

L’être affleure, soudain au chant de l’espérance,
Informulable élan d’une prochaine stance
Et, dans l’ample dessin de ce chœur régulier,
Il est en l’aube nue des merveilles insignes.

On tend vers l’unisson des cordes en latence,
Au souffle du hautbois qu’orne le sautereau ;
La gambe, à l’unisson d'un grave ostinato
Insuffle son désir au tendre legato.

Je ne sais ce qu’il est de l’homme, qui perdure,
Je n'en sais que l’émoi qui est de sa nature,
Et l’angoisse absolue dont l’âme est le terreau,
Qui abhorre en l’azur le deuil de l’existence.

novembre 2015

Le jeune Alex joue la partition de Bach dont la fac simile de  l'autographe illustre ce poème.
J'ai choisi cette interprétation parmi beaucoup d'autres à cause des deux très jolis sourires qui encadrent la prestation de ce talent prometteur. Et parce qu'entre ces deux sourires, il est drôlement sérieux, Alex.

Publié dans Musique

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A
"Je répare donc cet oubli, tout en notant combien cet amical rappel à l'ordre démontre qu'il y a désormais des attentes qui se font jour parmi mon lectorat..."

Merci, cher Lionel, ce jeune Alex est très doué, en effet, et je suis fier de faire partie de ton lectorat, e-lectorat voire électorat si tu te présentes à l'élection du meilleur blog ! ;-)
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A
Il manque le traditionnel petit lien musical pour illustrer ce beau texte, dommage ... ;-)
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L
Très juste mon ami.
Je répare donc cet oubli, tout en notant combien cet amical rappel à l'ordre démontre qu'il y a désormais des attentes qui se font jour parmi mon lectorat...
Dont acte.
P
Bon et bien , va pour cent mille alors ;-)
Désolé pour l'oubli du "s" à comprends , ça fait tache sur votre blog .
Merci à vous d'offrir vos poèmes .
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P
Toc à toi en prélude , comme je vous comprend . Air de Bach et nature sont pour moi synonymes .
Qu'il vous soigne pour encore mille ans .
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L
Merci pour les mille ans, je prends.
C'est peut-être un petit peu beaucoup, mais au pire, un petit siècle me suffirait...