Fleur chétive

Publié le par Lionel Droitecour

... Et j’étais celui-là qu’une gueule dévore / Pleurant sur la victime en méprisant le fort ...

... Et j’étais celui-là qu’une gueule dévore / Pleurant sur la victime en méprisant le fort ...

Je serai soupçonneux du lieu de l’insondable
Où tu seras ma fée dans la plus haute tour,
Muse, qui joue de moi comme aux sentes d’enfance
Où, marmot éperdu, j’ignorais ma souffrance.

Ah, que n’es-tu venu plus tôt hanter ma rive !
Mais tu le fis, pourtant, quand, pauvre fleur chétive
Aux livres d’écolier je suivais ton contour
Ému par les propos de l’agneau de la fable.

Et j’étais celui-là qu’une gueule dévore
Emu par la victime en méprisant le fort,
Ami du genre humain plus que des cours d’école.

Je m’y cachais souvent à l’abri du regard,
Ivre, en la symphonie d'un songe sans parole,
Blessé par les dédains du monde sans égard.

avril 2012

Publié dans Souvenirs

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Avisferrum 16/06/2016 06:16

Joli poème sur la fragilité de l'enfance et la rédemption possible, la Muse t'a trouvé à temps !

"Ami du genre humain plus que des cours d’école
Je m’y cachais souvent à l’abri du regard,
Ivre, en la symphonie d'un songe sans parole,
Blessé par les dédains du monde sans égard."

On pourrait dire aussi ami de l'idéal humain, le genre montrant de plus en plus ses infranchissables lacunes...