En l’horizon distant

Publié le par Lionel Droitecour

... je rassemble, débris, Celui qu’hier je fus, et qui s’est dispersé ...

... je rassemble, débris, Celui qu’hier je fus, et qui s’est dispersé ...

Au renouveau épars que le matin m’apporte,
Je cherche à renouer les fils de ma mémoire ;
Dans ma chambre d’ego, je rassemble, débris,
Celui qu’hier je fus, et qui s’est dispersé.

La nuit, qui m’a dissout, de rêves m’a bercé,
De mes songes, lambeaux, il me reste les bris,
Ce vil brouet de l’âme aux remous d’une moire,
Vapeurs, devant le jour, que l’apparence exhorte.

Dans ce corps rapiécé que ravaude l’instant,
Je suis cet étranger qui doute et s’interroge,
Ce voyageur perdu dans un relais d’étape.

Toute entière ma vie est passée à la trappe,
Ressassée par le vide au battant de l’horloge,
Sans autre but, enfin, que l’horizon distant.

septembre 2013

Publié dans Le temps

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