Vie voleuse

Publié le par Lionel Droitecour

 Jean Baptiste Pigalle  (1714-1785), Mausolée du Maréchal de Saxe, détail

Jean Baptiste Pigalle (1714-1785), Mausolée du Maréchal de Saxe, détail

Elle nous prendra tout, la vie, même la vie,
Dépouillés et meurtris, délavés et vieillis,
Nos âmes, nos amours, nos espoirs, nos amis,
Notre chair et nos os, desséchés et noircis.

Et nous basculerons au seuil de l’infini,
Poignée de cendres dans un puits, va, sans merci ;
Mort est notre remords, nous blesse et nous aigrit,
Nous désempare aussi à la crête d’un cri.

Allez va, pauvre fol, tu crois que tu construis,
Hâbleur, en ton réduit ! Ton labeur et ton fruit
Ne sont qu’un vide offert au gouffre de l’ennui.

Le temps qui vaque et vient, amère litanie,
Est l’unique pécule ou tu passes, péris,
Qui creuse chaque jour, en ton visage, plis.

janvier 2011

Publié dans La camarde

Commenter cet article

A
Beau poème qui rejoint finalement les paroles de l'Ecclésiaste :

"J'ai vu tout ce qui se fait sous le soleil; et voici, tout est vanité et poursuite du vent."
Répondre