Douloureux arpète

Publié le par Lionel Droitecour

Michelangelo Buonarroti (1475-1564), Chapelle Sixtine, le jugement dernier, Charon, détail

Michelangelo Buonarroti (1475-1564), Chapelle Sixtine, le jugement dernier, Charon, détail

J’ai vêtu mon désir d’une rime obsolète,
Mais j’en suis le vaincu, le douloureux arpète,
Je n’ai vécu, ici, prête-nom du réel,
Que la douce embellie d’un songe spirituel.

Certes j’étais une ombre aux demeures du vide,
Un effroi, une peur, une angoisse livide,
Si j’ai battu la brèche en ce verbe sans tain
Ce n’était en l’espèce qu’un geste incertain.

Et me voici au soir plus nu qu’au premier jour
Déshabillé du rêve en ce mortel séjour,
J’entends claquer, là-bas, le ciseau de la parque.

Charon, commissionnaire, attend près de sa barque,
Et je murmure un vers, encore, en mon silence,
Comme on se réfugie aux sentes de l’absence.

octobre 2015

Publié dans Névrose

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