L’Ankou

Publié le par Lionel Droitecour

... La Parque aveugle, la têtue, la faucheuse, veuve, l’Ankou ...

... La Parque aveugle, la têtue, la faucheuse, veuve, l’Ankou ...

Puis l’on comprend qu’on va mourir.
Un jour, au détour d’une rime,
On mesure l’absurdité
De ce destin, corps fourvoyé.

Et l’on voudrait la soudoyer,
La camarde en sa surdité,
Ou la distraire de son crime
A force de bien discourir.

La Parque aveugle, la têtue,
La faucheuse, veuve, l’Ankou
Celle qui nous raccourcira

Sans même nous trancher le cou,
Dévêtus de notre vertue
Au seuil qui nous engloutira.

avril 2011

Publié dans La camarde

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alain l. 20/03/2016 18:50

Bonjour Avisferrum ...
Je viens de relire 10 fois le poème de Lionel ... mot par mot ... ligne par ligne ... et je ne vois nulle part le mot "accomplissement" ..
.Alors je ne comprends pas ...
Explique moi S.T.P le lien avec le Poème ...
C@t ...
alain l.

Avisferrum 22/03/2016 17:41

"J'avais perdu le fil des Commentaires ... Peut-être le fil de la Vie tout court ... Merci d'avoir pris le temps de me remettre sur la Voi(x)"

Ce fut un grand plaisir, merci à toi pour le lien vers le grand Georges (et le précédent avec sa "Supplique pour être enterré à la plage de Sète") un grand artiste avec une manière incomparable d'assembler les mots et les idées !

"Mourir pour des idées, mais de mort lente"... Belle profondeur dans ces quelques mots, que l'ami Lionel ne désavouera pas ! :-)

alain l. 21/03/2016 08:12

O.K Claude ... J'avais perdu le fil des Commentaires ... Peut-être le fil de la Vie tout court ... Merci d'avoir pris le temps de me remettre sur la Voi(x) ... Quant à ma réponse sur la Mort ... Je pense que la seule chose dont nous sommes sûrs sur Terre , c''est qu'un jour nous mourrons ... et ça n'a pas de prix ... Et puis comme Georges https://www.youtube.com/watch?v=p-ZI28nbSDQ @t ... alain

Avisferrum 20/03/2016 20:24

Hello Alain,

Quel plaisir de relire 10 fois un poème de Lionel... voilà bien une forme d'accomplissement !
:-)
Le mot n'y figure pas, en effet, c'est moi qui l'utilise dans mon premier commentaire :

"Notre être terrestre n'est pas fait pour durer, il est une tentative fugace de l'esprit qui nous anime, pour atteindre l'ultime accomplissement, la prise de conscience que nous ne sommes pas en vie mais la Vie, en tant que telle nous ne pouvons absolument pas mourir."

Ce à quoi l'ami Lionel a répondu :

""Le mot qui achoppe, pour moi, ici, c'est "accomplissement".
Pourquoi donc, bon sang de bois devrait-on accomplir quoi que ce soit et dans quel but ?""

D'où ma nouvelle réponse...

Pour expliquer mon 1er commentaire qui peut sembler hors sujet il faut dire que depuis la création de ce magnifique blog son auteur et moi menons un dialogue régulier sur pas mal de thèmes, sur lesquels nous n'avons pas forcément le même ressenti, celui que tu as lu ici fait suite à une longue série sur le thème de la Camarde, ou mort.

C'est un de mes thèmes favoris car j'aime beaucoup les poèmes de Lionel qui l'évoquent, la plupart du temps avec beaucoup de talent et se sensibilité.

Je lui suis d'ailleurs très reconnaissant de me permettre de "squatter" un peu son blog et m'exprimer sur des choses aussi essentielles, même si je suis parfois "en dehors des clous" ces échanges m'apportent beaucoup et me donnent des pistes de réflexion nouvelles et originales.

J'espère avoir répondu à ton interrogation et serai d'ailleurs fort intéressé de savoir comment tu vois de ton coté cette "Camarde" qui nous occupe ici ! :-)

Cordialement,

Claude

Avisferrum 20/03/2016 14:47

"Le mot qui achoppe, pour moi, ici, c'est "accomplissement".
Pourquoi donc, bon sang de bois devrait-on accomplir quoi que ce soit et dans quel but ?
Cela sent son déisme à plein nez...
And for me, there is no god at all !"

:-)

C'est que les mots t'empêchent de voir la chose, cher ami !

Le mot, si indispensable soit-il pour communiquer, est comme un filtre qui nous voile la réalité.

"Accomplissement" par exemple ne fait nullement référence à un Dieu ou même à une spiritualité quelconque.
En fait nous cherchons tous à accomplir en permanence, que ce soit notre bien-être, notre bonheur - ou celui des autres - notre épanouissement, la justice, l'amour ou tout simplement notre survie ou notre aisance matérielle !

Après on peut appeler ça un but, ou un objectif... chaque créature, végétale, animale ou humaine en a forcément.

Le souci pour l'humain est que tous nos buts (ou désirs) sont comme du vent, du sable qui s'écoule entre nos doigts, mais au fond nous cherchons ce que je nomme l'accomplissement ultime, un bonheur qui n'a ni cause ni objet, qui ne dépende pas d'un facteur extérieur.

Tu as aussi connu des moments où le temps s'arrête, où notre petit égo est en veilleuse, où nous sommes, tout simplement. En écoutant de la musique, par exemple.

Malgré que dans ce cas la cause soit extérieure (musique) cet état est notre être véritable, que nous reconnaissons en tant que tel car nous désirons sans cesse le retrouver.

Tout homme cherche cet état, quelque soit son activité, l'accomplissement ultime est de ne plus chercher mais d'Être.

Un autre mot redoutable est "Dieu" ou tous ses dérivés, car instantanément il éveille en nous un concept.
Quand tu dis "il n'y a pas de Dieu" tu penses en fait à TA notion de Dieu, celle qu'on t'a inculquée.

Je ne peux donc qu’approuver cette affirmation, car de fait un tel dieu n'a jamais existé autrement que comme concept humain, et rien ne ne peut nous éloigner plus de la véritable Divinité, Intelligence Créatrice, Universelle ou quel que soit le terme dont on la désigne.

Cette intelligence existe, qu'on la reconnaisse ou pas, elle est à l'origine de toute vie, ce qui ne veut pas dire forcément que notre monde dialectique a été créé par elle, mais il ne pourrait pas exister sans elle.

La particularité de l'humain est qu'il peut choisir à quoi s'identifier, ce que l'animal, par exemple, ne peut pas.

Alors bien sûr la théorie de la bactérie qui apparait par hasard, puis toujours par hasard devient poisson avant de décider d'aller voir au sec si l'herbe est plus verte pour finalement se retrouver - toujours par hasard - quelques milliards d'années plus tard sous la forme de JS Bach en train de composer des œuvres d'une beauté extatique...

Libre à ceux qui veulent gober la pilule, moi c'est non, je n'avale plus ces sornettes, ils ne m'auront plus, comme aucune religion terrestre ne m'aura plus !

Et si un jour j'oublie mon serment, par faiblesse, maladie ou parce qu'on m'y aura obligé que mon amie la Camarde vienne me sortir de là, me délivrer du sommeil de plomb, je lui en serait éternellement reconnaissant.

Avisferrum 20/03/2016 12:20

Je me répète mais j'aime beaucoup tes poèmes sur la Camarde... même si je n'en ai pas tout à fait la même vision que toi, comme tu as pu maintes fois le constater en ces lieux inspirants ! :-)

Pour moi elle est toujours ce qui délivre, jamais ce qui oppresse.

Notre être terrestre n'est pas fait pour durer, il est une tentative fugace de l'esprit qui nous anime, pour atteindre l'ultime accomplissement, la prise de conscience que nous ne sommes pas en vie mais la Vie, en tant que telle nous ne pouvons absolument pas mourir.

Lorsque ce pas est franchi, nous pouvons regarder en face la Camarde, avec Amour et sans crainte, elle n'est que la gardienne de ce monde transitoire, la garante de son équilibre et sa continuité, lorsqu'il disparaitra un jour - et il le fera - elle disparaîtra avec lui, car elle n'est rien de plus que ce que nous sommes aussi sous notre forme matérielle : un rêve évanescent...

Lionel Droitecour 20/03/2016 13:43

Le mot qui achoppe, pour moi, ici, c'est "accomplissement".
Pourquoi donc, bon sang de bois devrait-on accomplir quoi que ce soit et dons quel but ?
Cela sent son déisme à plein nez...
And for me, there is no god at all !