Territoire étranger

Publié le par Lionel Droitecour

... et, sous la feuille blanche il est un seuil livide ...

... et, sous la feuille blanche il est un seuil livide ...

Il est en mes remords, ainsi qu’une amulette,
Un talisman de verbe où ma rime s’emploie,
Totem inaccompli de ma propre chimère
En l’abside ajourée que mon rite déploie

C’est la trame ignorée où se noue mon poème,
Aux légères rosées de ma cime adultère,
L’improbable équation de mon vain théorème,
En la trémie du jour où bée ma silhouette.

Je n’accapare rien dans le temps qui me fuit,
Borne en l’inachevé d’une existence vide,
Feudataire impuissant qu’une muse poursuit.

Mais, sous la feuille blanche il est un seuil livide,
Territoire étranger où veille la camarde,
Je m’y rencogne en vain des mots dont je me farde.

septembre 2015

Publié dans La camarde

Commenter cet article