Nonchaloir

Publié le par Lionel Droitecour

John Singer Sargent (1856-1925), Nonchaloir, détail

John Singer Sargent (1856-1925), Nonchaloir, détail

Dans le bruit, dans la presse et dans l’ombre des jours,
Dans ce quotidien qui nous broie peu à peu,
Dans ce renoncement que la vie nous compose
Il faut tenter toujours de ne pas se dissoudre.

La défaite, en nos reins est là pour nous absoudre,
Dans le confort abject et qui de nous dispose,
Il faut trouver le roc où adosser son jeu
Et refuser encor le doute et le rebours.

Sûr de n’y rien gagner, sûr de n’y rien vouloir
Sûr de la solitude au pas du nonchaloir,
Et sûr enfin en soi de refroidir son âme.

Et qu’importe après tout que consume la flamme,
Que le feu nous dévore au repas de la cendre,
Qu’en cette tombe obscure, il nous faudra descendre.

avril 2012

Publié dans La camarde

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A
"Qu’en cette tombe obscure, il nous faudra descendre."

Joli poème, cher ami, qui ne prends tout son sens que si on s'identifie à la partie la plus dense que nous animons : le corps physique.

Ce dernier n'a assurément pas pu composer ce poème, n'ayant par lui-même pas d'existence propre, comme le montre clairement la science et aussi le fait qu'après la mort il reste là, inerte et inanimé.

La conscience subtile qui a écrit ce beau texte a donc fait l'effort de s'identifier à ce corps, de se mettre à sa place, ce qui est un très bel exercice et très courageux... avant de retrouver la certitude qu'au fond nous ne sommes nullement cet organisme qui nous sert de véhicule ! ;-)
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F
et tjs de jolis mots
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