Guetteur d’abime

Publié le par Lionel Droitecour

Louis Daguerre (1787 – 1851), Nature morte, détail

Louis Daguerre (1787 – 1851), Nature morte, détail

Amer, hissé parfois sur un rayon de lune,
J’attend qu’elle décroisse et, grimpé sur l’aurore,
Je contemple une voile au gré de l’horizon
Pour tramer mon désir au graphe qui m’inspire.

Je ne sais rien pourtant de ce gouffre où j’aspire
J’appelle l’infini, grave sur mon fronton,
Obsolète, ce vers que la nuée ignore,
Trace, au vent de l’oubli, dissipée sur la dune.

Ce ne sera demain, comme une feuille morte,
En sa livrée brunie que chassera l’automne,
Qu’un peu d’humus, enfin, sous un ciel qui frissonne ;

Souvenir, s’il se peut, au cœur de l’être aimé,
Puis quelque jour prochain, comme on ferme la porte,
Le néant pour abri dans l’éther clairsemé.

décembre 2011

Publié dans Art poétique

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A
Très, très beau !
"Souvenir, s’il se peut, au cœur de l’être aimé,
Puis quelque jour prochain, comme on ferme la porte,
Le néant pour abri dans l’éther clairsemé."
Peut-on mieux dire les choses ?
Pas moi en tout cas !
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