Port-Bou

Publié le par Lionel Droitecour

Port-Bou, 1978, un souvenir en super 8 ...

Port-Bou, 1978, un souvenir en super 8 ...

Je n’avais jamais vu la mer…
Mon père en roi des chemins d’fer,
Un jour qu’il allait sur Port-Bou,
M’offrit, avec un soin jaloux,

Une clandestine équipée
Aux rives méditerranées.
Et, ravi de la découverte,
Penché par la fenêtre ouverte,

Je laissais flotter mes cheveux
Aux abords iodés et bleus,
Qui énervaient mes jeunes sens.
Nous eûmes de calmes jouissances,

Baguenaudant de proche en proche,
Cherchant, dans le creux d’une roche
Surplombant la mer infinie,
Un havre, douillet comme un nid.

Et c’est là que, tout habillé,
Glissant sur un brisant mouillé,
La mer m’offrit un doux baiser…
Alors que les joues me cuisaient,

Jusques à l’os et même plus,
Trempé, m’égouttant par les rues,
Je laissais mon humide trace,
Dégoulinant de place en place.

Peu à peu j’ai séché sur pieds,
Mes habits, raides d’eau salée
En crissaient, comme le papier
Et mon père me souriait.

mai 2006

Publié dans Souvenirs

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A
Encore un magnifique souvenir d'enfance, comme tu excelles à nous les faire partager !
On ressent la belle complicité et l'amour qui vous unissaient, la bienveillance de ton père devant les découvertes initiatiques et... aquatiques de son fils. :-)
Je serais bien en peine de retrouver de tels souvenirs avec mon géniteur, la seule chose dont je me rappelle est lorsque nous allions au cimetière à la Toussaint, mon père et moi achetions chacun un sachet de marrons chauds que nous dégustions sur place, en déambulant de tombe en tombe, sous les regards et commentaires désapprobateurs de ma mère et ma grand-mère "Enfin... Vous pourriez les manger après, en dehors du cimetière !!"
Mon papa et moi échangions un regard amusé devant cette provocation et cette atteinte aux bonnes mœurs.
Ces (très) rares moments de complicité me sont restés en mémoire jusqu’à aujourd'hui.
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C
destination vacances, ce serait bien
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