Non avenus

Publié le par Lionel Droitecour

... Le muscle, le nerf et la peau, au cataclysme de l’aurore sont bercés de vaine illusion ...

... Le muscle, le nerf et la peau, au cataclysme de l’aurore sont bercés de vaine illusion ...

On ne fait qu’amuser la mort,
Nos poèmes et nos chansons,
Nos danses et nos fariboles,
Leurre morne et phantasmes sont.

Dans le réduit de solitude
Où s’épuisent nos farandoles
Il n’est qu’une tristesse prude
Rire y grimace en son effort.

Le muscle, le nerf et la peau,
Au cataclysme de l’aurore
Sont bercés de vaine illusion,
D’une défaite plus encore.

Et dans l’incise du silence,
Au vide de la profusion,
Nous n’avons plus nulle présence,
Poussière, vent, fibre, copeau.

Ainsi nous poussons notre image
Dans un réel de pacotille,
Eblouis de lumières rases,
Affriolés de ce qui brille.

Jouet du miroir aux alouettes,
Et victime de nos extases
Nous allons, pâles silhouettes,
Polies d’un vertueux ramage.

Et dans le règne de nos stances,
Barbouillés de notre mensonge,
Incapables de tout partage,
Nous tressons notre propre longe.

Puis nous attendons la camarde,
Sans plus de cris, sans plus de rage,
Nus devant le deuil qui nous carde,
Non avenus en ses instances.

février 2014

Publié dans La camarde

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