Aux assassins

Publié le par Lionel Droitecour

Henri Désiré Landru (1869-1922)

Henri Désiré Landru (1869-1922)

Il est des morts-vivants qui se portent très bien,
Du moins dans l’apparence, où ils donnent le change.
Bavards et sûr d’eux-mêmes ou brillants causeurs,
Ils jettent avec art beaucoup de poudre aux yeux.

Un silence et, soudain, en eux résonne un creux,
Quelque chose s’en vient enrayer leurs moteurs,
Un non-dit, et voici que bientôt il s’effrange,
Ce costume élégant qui trame leur maintient.

Et ce qui transparait alors tient du squelette :
C’est le cadavre affreux d’une illusion trompeuse,
Au caveau éventré où le cercueil s’ouvrit.

Ils n’ont plus rien ceux là que le manque pourrit,
Prédateurs du réel, fourriers de la faucheuse,
Assassins de leur âme et que le meurtre entête.

février 2012

Publié dans Résilience

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L
Dans les grands procès dont les médias se font l'écho, lorsque des victimes ou leur proches ont la parole, elles sont souvent outrées du manque total de réaction de remord ou d'émotion de la part de ces criminels.
Il ne faut pourtant pas s'en étonner, ces gens n'ont aucune sorte de respect pour la personne humaine, puisque, si c'était le cas, il ne seraient justement pas devenus des assassins.
La pitié, la repentance, le regret, la commisération ? Autant de sentiments qui leur sont complétement étrangers.
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A
Voilà un portrait assez complet du psychopathe par Robert Hare, qui s'est longuement penché sur la question, si l'on peut dire ...

http://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/portrait-robot-du-psychopathe-33661
A
De quels morts-vivants est-il question ici, cher ami ?

Sachant que nous le sommes tous plus ou moins, tant que notre conscience reste limitée à notre être périssable... ;-)

En tout cas ce poème m'a fait (re)découvrir la douteuse "carrière" de Landru, terrifiant glissement d'un escroc à la petite semaine vers une psychopathie prédatrice.
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C
bof, sans plus
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A
J'en dirais autant de ce commentaire...