Pigeons

Publié le par Lionel Droitecour

... Regarde-les, passant, boules pelotonnées Aux faîtes de la ville en festons migrateurs ...

... Regarde-les, passant, boules pelotonnées Aux faîtes de la ville en festons migrateurs ...

Les pigeons sur les toits s'assemblent, mollement,
Doctes juges des jours perchés à ma fenêtre ;
Roucoulant gravement, comme d’étranges pleurs,
Leur refrain monotone en leurs chansons fanées.

Regarde-les, passant, boules pelotonnées
Aux faîtes de la ville en festons migrateurs ;
Brusquement envolés, sans raison, ou peut-être,
Car une main, là-bas, ‒ mais presque tristement,

Répand sur le trottoir, miettes d’un cœur trop plein,
La graine des moissons où soudain ils se pressent :
Coups d'ailes, coups de becs... Rengorgés, vaniteux,

Leur pitance achevée ces seigneurs orgueilleux
Vers les gouttières vont, et, satisfaits, se dressent,
Lâchant dans le ciel pur leur fiente à qui les plaint.

février 1991

 

Publié dans Portrait

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R
Nouvelle dans cette communauté, je ne sais pas si je suis autorisée à mettre ce petit texte de ma composition sur un autre auteur. Je risque peut-être les foudres des lecteurs qui sait...peut-être aussi celles instances. Je prends le risque, qu'on me le dise !
J'ai observé, dernièrement et avec un plaisir non dissimulé, le jeu de séduction de môssieur pigeon. Qu'il avait l'air drôle à failloter en tapotant du bec devant dame pigeonne pour lui faire voir, à L'aveuglée de l'amour qui faisait sa sotte emplumée, les soi-disant petites graines essaimées dans le vert gazon.
Pendant que Pigeonnette penchait sa tête aux petits yeux de perle vers le leurre, le fourbe passait derrière elle et essayait de lui grimper dessus...
Et elle, d'un habile tournicoti-tournicota, ne lui laisser à escalader que son aile grisée. Alors, l'éconduit recommençait son petit manège, trépignant sur ses pattes grêles gainées de sang frais vers un autre vermisseau supposé, relevait son col en gonflant ses plumettes vermillonnées en ballon rutilant et pocoti-picota, levait la queue mais n'partait pas.
Le manège s'amplifia même quand un autre comparse en quête de conquête s'approcha du couple en baguenaudage et se mit lui aussi, l'importun, à enfler telle une baudruche, triturant du bec une pâquerette innocente qui fit les frais de la cour et y laissa quelques pétales. Le prétendu prétendant nouvellement arrivé paru remporter les suffrages de la dulcinée car celle-ci, à petits pas, col en transe, vint tourner autour de lui à la manière d'un maquignon évaluant un étalon. Les plumes du couple en devenir chatoyaient sous un rayon de soleil perçant de sa flèche dorée le front fleuri d'un prunus couturé qui déversait sur eux des confettis de mariage...
Je restais ainsi à les espionner, une bonne dizaine de minutes, puis, ne voyant aucune issue évidente à cette frivolité, je me décidais à sortir de ma bulle, provoquant l'affolement et l'envol immédiat de tous les courtisans...
Quand je revins à mon auto immobile, l'un des belligérants pavoisait aux côtés de la colombe séduite tandis-que l'autre, blasé, entreprenait une nouvelle danse, pas menus, jaboté, autour d'une fine silhouette empaquetée de suie.
Halala ! La vie n'est pas simple, vous savez, les amis.
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L
Merci, chère RoseLys pour ce contrepoint en prose à mon poème.
Quant à savoir si c'est permis, ma foi, à part les grossièretés et les méchancetés, que je sanctionnerais sans délai, le talent, lui, est le bienvenu.
C'est même avec grand plaisir que je vous accueille en ces pages, mon seul but n'étant que de permettre aux mots dialoguer et de voyager.
Je note que nous avons en commun, chère amie un goût prononcé pour l’allitération et la musicalité du propos.
A ceci près que pour ce qui me concerne, si quelque modeste talent pour la rime, je n'en ai rigoureusement aucun, hélas, pour la prose.
Tant pis pour Mr Jourdain !
L
Merci pour ce dessin humoristique ..
C'est bien vu ...!
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R
Bonjour Lionel et merci pour votre réponse souriante. Il est vrai que j'aime avant tout tricoter les mots entre eux pour leur donner force et légèreté en même temps. Je me complais dans la prose justement parce-que j'ai trop du mal (!) à rester cadrée par les pieds des poèmes. Votre talent est donc mon talon d'Achille mais qu'importe. L'important, c'est de faire voyager nos mélodies, n'est-ce pas? Merci...pour votre réponse.
A
Le symbole du peuple, certes, mais il faut bien choisir sa place ! :-)
http://www.humourenpj.net/pj/hierarchie.oiseaux.jpg.html
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L
Les pigeons, (avec les moineaux ) lorsque je les observe dans les parcs sont pour moi le symbole du peuple, malgré qu'ils envahissent nos greniers , nos loggias, nos balcons de leurs excréments !

Je les préfère et les protège des fois des corbeaux noirs, fiers, sans-gênes.Je les nomme alors "les UMP".
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A
Que mes congénères à plumes soient à l'honneur dans un de tes poèmes ne peut bien sûr que me satisfaire, même si tu n'as probablement pas choisi les plus populaires ni les plus majestueux, mais il est vrai que croiser un aigle royal en nos contrées est plus rare ! :-)
Peu de pigeons chez nous à la "campagne", juste de temps en temps un couple de tourterelles qui vient glaner quelques graines dans la mangeoire à zoziaux, bien trop petite pour eux.
De ce fait ils ne sont pas considérés ici comme indésirables comme en certains contrées, remplacés en cela par d'autres volatiles perturbateurs de l'organisation humaine, pies, hérons, étourneaux...
Les cigognes par contre sont appréciées, même si leur nombre croissant commence à poser problème... Une crise du logement chez les cigognes, à quand la réquisition de nids vides ? :-D
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