Assassinat

Publié le par Lionel Droitecour

... Du temps qui court, à son content, il faut se saouler à l’instant ...

... Du temps qui court, à son content, il faut se saouler à l’instant ...

1.
Il ne faut pas tuer le temps
Puisque c’est le temps qui nous tue,
S’il passe, hélas, on s’évertue
À le retenir à mains nues.

Il vaut mieux le prendre, le temps,
Au gré des secondes ténues,
Longeant ses rives à pas lents,
Humant ses suaves relents.

Du temps qui court, à son content,
Il faut se saouler à l’instant,
Flâneurs en sa sente menue ;

Car il ne coule sous la nue,
C’est nous qui croulons, inconstants :
Il ne faut pas : tu es le temps !

2.
Il ne faut pas, tu es le temps
En cet instant, que serais-tu
Sans l’espace de sa vertu,
En lui n’es-tu donc advenu ?

Il ne peut se rendre, le temps,
Lorsque de l’heure, dévêtu,
Le présent s’en va, nous quittant,
Le passé, demain, s’émiettant.

Fol, si tu le tues, l’épelant
Il s’en ira s’échevelant
De ta grève sans retenue ;

Et seul en ce hasard constant
Tu suivras la voile inconnue :
Il ne faut pas tuer le temps !

février 2015

Publié dans Le temps

Commenter cet article

L
OUI
"Il vaut mieux le prendre, le temps,
Au gré des secondes ténues,
Longeant ses rives à pas lents,
Humant ses suaves relents."
...Pour ne pas suivre les pas de l'homme économique, celui qui veut nous faire courir après le temps vidé de sa précieuse substance la : VIE
Non à ces projets mortifères, où le temps ne sert plus qu’à remplir, sans cesse, la machine à sous, armes maléfiques contre notre Humanité.
Répondre
L
Nous sommes incontestablement dans le même me tempo, ma chère Luma.
Je ne sais plus si je n'ai pas déjà écrit sur ce thème, mais sur les machines à sous, qui certes, nous asservissent collectivement, il reste de la poésie à rimer.