Tourbe

Publié le par Lionel Droitecour

... Murmurant mon essence en l’orée impatiente, ton tronc sera livrée où mes songes naîtront ...

... Murmurant mon essence en l’orée impatiente, ton tronc sera livrée où mes songes naîtront ...

Tu manquera un jour, vieil arbre, en mon tombeau,
À mon front amoindri et recouvert de tourbe
Et de cendre et d’humus et par l’oubli des hommes.
À moins que ma substance, en tes feuilles, recueil,

Nourrisse enfin ta sève, issue de mon cercueil.
Mon âme délavée, désengluée de bourbe,
Alors s’élèvera par tes branches énormes
Vive, pour saluer l’azur d’un ciel nouveau.

Et, dans cet idéal, exhalé par la brise,
Murmurant mon essence en l’orée impatiente,
Ton tronc sera livrée où mes songes naîtront ;

Attendant, les cognées, dans un ultime affront,
Puis l’âtre où s’éteindra, enfin, ma braise ardente
En quelque feu de joie à l’ivresse promise.

octobre 2007

Publié dans Spiritualité

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L
Ton erratum ,poème annoncé ce jour a-t-il disparu ...?
La " cathy ,concichita"est -elle passée sur l'autre rive ..?

Dieu soit loué , je suis encore vivante ,

Luma



Luma
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L
Conchita est brièvement, mais par erreur apparue ce jour sur le mail de mes abonnés. Il est amusant qu'un poème appelé "erratum" soit l'objet d'une telle méprise...
Sans doute un geste manqué.
Il est en fait programmé pour paraître en ces lieux le 11 août prochain, et non le 11 avril.
My mistake, comme on dit au delà du Channel.
A
"Voici un beau poème, de moi inconnu. Je te remercie de ce précieux don. Je peux en effet me retrouver là-dedans. Il y a des vivants sur les deux rives. Certes, belle idée poétique. Mais qu’est-ce qu’être vivant au delà de notre réalité concrète – et physique ? C’est être autre chose et non plus soi..." LD 11/04/2015 11:38

Ovaire-blog ne permet toujours pas la chronologie des réponses, il faut qu'on lance une pétition !! :-)

Ce poème avait été lu aux obsèques de Pierre Bérégovoy, c'est là où je l'ai découvert. Je l'ai réentendu par la suite aux obsèques d'un collègue trop tôt disparu, Laurent, qui reste dans ma mémoire...
Certes, cher ami, nous ne pouvons dire pour l'instant ce qui survivra à notre réalité physique, ce ne peuvent être que des suppositions ou des informations venant d'autres - donc à prendre avec moult précautions.
La meilleure hypothèse que j'ai trouvée pour moi est que ce qui nous survivra est notre conscience, ce qui en nous est témoin des choses, l'écran blanc sur lequel se déroule le film. Parfois je crois la deviner, lorsque je peux regarder avec détachement et amour tout ce qui est autour de moi mais aussi en moi : quoi qu'il se passe ce témoin reste calme, serein, avec le sourire immuable qu'on trouve sur certaines reproductions du Bouddha... Il ne parle pas mais s'il le faisait ce serait pour dire : "N'ai aucune crainte, tout va bien... Éveille toi et jouis du spectacle du monde, tu ne sais pas encore la Grâce que l'on t'a faite d'être vivant !"
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A
C'est joli, cher ami, un peu dans la mouvance de "Do not stand at my grave and weep"... Mais tu sais ce que je crois : ton essence se sera évadée bien avant que ta substance nourrisse quelque végétal, à vrai dire au moment même où tu quitteras ce corps de chair ! :-) William Blake l'a si bien écrit dans un magnifique poème :
"Je suis debout au bord de la plage.
Un voilier passe dans la brise du matin,
et part vers l'océan.
Il est la beauté, il est la vie.
Je le regarde jusqu'à ce qu'il disparaisse à l'horizon.
Quelqu'un à mon côté dit : « il est parti !»

Parti vers où ?
Parti de mon regard, c'est tout !
Son mât est toujours aussi haut,
sa coque a toujours la force de porter
sa charge humaine.
Sa disparition totale de ma vue est en moi,
pas en lui.

Et juste au moment où quelqu'un prés de moi
dit : «il est parti !»
il en est d'autres qui le voyant poindre à l'horizon
et venir vers eux s'exclament avec joie :
«Le voilà !»

C'est ça la mort !
Il n'y a pas de morts.
Il y a des vivants sur les deux rives."
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L
Voici un beau poème, de moi inconnu. Je te remercie de ce précieux don. Je peux en effet me retrouver là-dedans.
Il y a des vivants sur les deux rives. Certes, belle idée poétique. Mais qu’est-ce qu’être vivant au delà de notre réalité concrète – et physique ?
C’est être autre chose et non plus soi...