Rémission

Publié le par Lionel Droitecour

... Dis à l’antique Parque, à la chère fileuse, en continuant l’ouvrage, en dupant la coupeuse ...

... Dis à l’antique Parque, à la chère fileuse, en continuant l’ouvrage, en dupant la coupeuse ...

Je me tuerai demain, à moins que je sois mort…
Demain, il sera temps, demain rase gratis :
La corde n’est pas prête et le chanvre, je crois,
N’est pas encor tressé. Ce jour je tiens ma rampe.

Va-t-en porter, camarde, un fer d’une autre trempe
Là où l’agonisant t’appelle en ses effrois.
Ta faux s’est émoussée, va, que la meule y glisse
Affûtant ta rigueur au fil de mon remord.

De ton baiser ne veux pas encor sur ma face
Dis à l’antique Parque, à la chère fileuse,
En continuant l’ouvrage, en dupant la coupeuse,

Que l’épi n’est pas mûr à ta main de faucheuse
Et que mon pas encore à laisser quelque trace
Épuisera son zèle et ta vaine grimace.

septembre 2007

 

Publié dans La camarde

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