Plectre

Publié le par Lionel Droitecour

Johann Heinrich Füssli (1741-1825), Le cauchemar, détail

Johann Heinrich Füssli (1741-1825), Le cauchemar, détail

C’était dans la nuitée le moment des alarmes,
Tel, en un songe creux qui nous tient en ses charmes,
D’une lente bascule où l’inquiétude sourd,
S’habille un cauchemar, défroque d’un cœur Lourd.

Et là sous l’oripeau sanglant de la camarde
Se tenait, horrifique je ne sais quel barde
Evadé des sagas, éraillant de son plectre
Une lyre effroyable entre ses mains de spectre.

Et j’avais sous les yeux, oh, dérisoire instance,
Ma rime décharnée tombée en déshérence
Que cette vanité, muette et sans visage,

Tendait comme un miroir à mon âme sans âge.
Et dans la nuit, soudain, éveillé, haletant,
Je contemplais longtemps ce noir fruit du néant.

avril 2010

Publié dans Névrose

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