Gueuse

Publié le par Lionel Droitecour

... Lors doctement j’inscris, renonçant à ma voie, son verbe de mystère en d’étrange faconde ...

... Lors doctement j’inscris, renonçant à ma voie, son verbe de mystère en d’étrange faconde ...

Elle n’obéit pas, la muse, cette gueuse
Et m’emmène souvent où je ne voudrais pas
Qui court à toute allure aux touches du clavier.
Et sa mine, au crayon, en larmes de graphite,

Aux pages maculées sournoisement s’invite ;
En la mélancolie souvent me fait dévier,
Muselant mon désir au rythme de ses pas
Quand je voulais chanter en ma rime oublieuse.

Ravalant en ma gorge l'insouciant refrain
Je tisse, malgré moi, une pensée profonde,
Grave comme un tombeau où s’immole ma joie.

Lors doctement j’inscris, renonçant à ma voie,
Son verbe de mystère en d’étrange faconde
Piaffant, dessous le mors où je ronge mon frein.

août 2007

Publié dans Art poétique

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