Dernier heurt

Publié le par Lionel Droitecour

... Au son du métronome tous les hommes sont, comme de vains pensums, pendus à l’hameçon ...

... Au son du métronome tous les hommes sont, comme de vains pensums, pendus à l’hameçon ...

Passent à petits pas, las, les petites gens,
Aux horloges, compas qui mesurent leur temps ;
Au son du métronome tous les hommes sont,
Comme de vains pensums, pendus à l’hameçon.

Qui gobe nos humeurs, qui chante nos chansons,
Qui compte nos terreurs, engrange nos moissons ?
Le jour où sonne l’heure, ah, le morne horizon,
Ah, l’amère douleur, borne à notre raison !

Cette terre en labeur sera notre prison,
Déjà notre frayeur en sait la dérision,
Qui trace des ailleurs au ciel que nous voyons.

Il passe à petits pas, notre petit malheur,
On l’attend sur le pas où porte, dernier heurt,
La sape du trépas au glas de notre cœur.

avril 2011

Illustration : une image extraite du film « Hugo Cabret » de Martin Scorcese

Publié dans Le temps

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A
Belle description de l'homme dialectique, même si chez la plupart cette "amère douleur" est bien refoulée. Ce qui est né doit mourir, c'est en effet inéluctable...
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