Rime riche

Publié le par Lionel Droitecour

Anton Raphael Mengs (1728-1779), Le Parnasse, détail

Anton Raphael Mengs (1728-1779), Le Parnasse, détail

Sec, il est sec. Bouche bée, le poète. Rien
Ne vient, nul espoir d’une stance, nul sanglot,
Pas la moindre harmonique ou vague écho sonore :
Sa main reste levée et sa lippe muette.

Cependant il s’obstine, et, pâle silhouette,
À ressasser son vide au néant qu’il abhorre,
Il semble qu’il parait, comme tinte un grelot,
En son âme une ébauche et l’esquisse d’un lien.

Ecrire sur soi-même est après tout son lot,
Et dire sa substance et son infinitude,
En soit, est l’exercice où sa grandeur excelle.

Monomane du verbe, à la tâche il s’attelle,
Est-il autre destin qu’un gribouilleur n’élude ?
À rime riche il n’est de poème falot !

mai 2013

Publié dans Art poétique

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