Portraits croisés

Publié le par Lionel Droitecour

... Ce moutard de quinze ans ... Que voit-il ?... un vieux con mal luné ... et qui le scrute, envieux ...

... Ce moutard de quinze ans ... Que voit-il ?... un vieux con mal luné ... et qui le scrute, envieux ...

Ce petit con maussade assis là, face à moi,
Qui me toise de haut, d’une moue méprisante,
Le col ouvert en grand, la doudoune seyante,
Tête ceinte d’un casque où sa musique bruit ;

Ce moutard de quinze ans, qui ne sait rien, que lui,
Renfermé dans le clos de son ego sonore,
Qui m’importune d’être −d’autant qu’il m’ignore,
Que voit-il, quand son œil croise mon regard coi ?

Un vieux con mal luné, renfrogné et sévère,
Qui le juge, hautain, d’une bouche méchante,
Supérieur et jaloux de sa vive lumière ;

Acariâtre vieillard empoté et obèse,
Aussi laid qu’il est beau dans l’aube adolescente
Et qui le scrute, envieux, jusqu’au bord du malaise.

novembre 2013

 

Publié dans Portrait

Commenter cet article

A
Cette rencontre si bien narrée me rappelle ce dont nous avons devisé ce matin : nous vivons tous dans notre propre monde, tout ce qui y pénètre est instantanément traduit et transformé par nos propres filtres. Le suprême art de vivre est celui qui consiste à voir sans tout ces filtres, sans jugement, simplement ce qui est.
C'est extrêmement difficile.
PS : ce jeune homme écoutait peut-être Tomás Luis de Victoria / Missa pro defunctis A4, comme moi en ce moment ? :-)
Répondre