Margelles

Publié le par Lionel Droitecour

... Si on s’y désaltère  On boit le sang des morts, épanché aux ruisseaux ...

... Si on s’y désaltère On boit le sang des morts, épanché aux ruisseaux ...

Sur la margelle, au puits, enfants, nous nous penchions,
Criant vers ce trou noir pour chasser nos démons,
Volages, insoucieux, riants à pleins poumons.

Les vieux disaient parfois qu’au ventre de la terre
Il menait, par son seau et que toute misère,
En l'eau, se diluait. « Si on s’y désaltère

On boit le sang des morts, épanché aux ruisseaux
Et, dans cette fraîcheur, nos peines et nos travaux,
Nos sueurs, notre labeur s’inscrivent sur leurs os. »

mai 2007

Publié dans Spiritualité

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L
Inspiration sans fond ..du poète Lionel.

Ou ,au vu de ton commentaire, l'inspiration "de la mémoire", celle qui vient de notre histoire, celle de nos ancêtres, celle qui nous lie à aujourd'hui et à demain ..

Magnifique!

Les poètes m'aident à grandir,dans le démesuré et l'impossible "dit jacques Bonnaffé à propos du printemps des poètes(cf La VIE du 5 au 11/03/15).

Luma
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C
quelle triste poème
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L
Il n'est pas triste du tout, à mon sens, c'est plutôt un appel à la responsabilité. Nous sommes, pour la plupart, sauf quelques privilégiés, les enfants de gens qui ont souffert pour permettre aux générations à venir de vivre dans un monde qu'ils espéraient meilleur. Nous devrions nous sentir investis du même devoir par rapport aux générations futures.
Encore faudrait-il le comprendre et transmettre ces valeurs qui l'étaient jadis par le biais des mythologies et d'une culture populaire empreinte de cette sagesse.
Aujourd'hui la télé nous dit le contraire : consomme, achète, digère et recommence... Et ne va surtout te pencher sur la margelle d’un puits pour réfléchir au sens de l’existence.