Dialogues de l’absente

Publié le par Lionel Droitecour

... Alors, tard dans la nuit je contemple, fugace, le fantôme vaillant de l’enfant que je fus ...

... Alors, tard dans la nuit je contemple, fugace, le fantôme vaillant de l’enfant que je fus ...

Je parle à ton absence au soir silencieux
Dans l’orgueilleux retrait de mon verbe précieux ;
Parfum vieux, suranné, d’une verve ductile
Et percluse de vers où ton âme s’exile.

Ce monologue amer, stance désabusée,
Je m’en fais un refrain où ma lèvre, amusée,
Parfois, décille en l’ombre un ultime sourire,
Mon cœur s’empanachant du meilleur et du pire.

Alors, tard dans la nuit je contemple, fugace,
Le fantôme vaillant de l’enfant que je fus
Qui passe et qui agace en ma main cette trace.

J’y chante et psalmodie le reste de sa peine
En mon âme où s’éveille, en souvenir confus,
Ton visage imperçu en la rive lointaine.

septembre 2007

 

Publié dans Autobiographie

Commenter cet article

A
Beau poème, l'extrait :
"Alors, tard dans la nuit je contemple, fugace,
Le fantôme vaillant de l’enfant que je fus"
me fait penser que cet enfant du passé réside encore en nous, de manière consciente ou non il influence fortement bon nombre de nos émotions et réactions.
Beaucoup d'adultes (pour ne pas dire la plupart, je m'inclus) se comportent par intermittence comme de grands enfants, c'est "moi, moi, toujours moi..."
De ce fait nous éprouvons de la souffrance, de la colère ou de l'amertume lorsque les évènements ou les autres nous montrent que ce "moi" que nous chérissons et prenons pour le centre du monde n'est qu'une entité parmi une infinité d'autres, pas plus importante ni plus privilégiée.
C'est nous qui devons nous adapter au monde, à "ce qui est" et non le contraire...
Répondre