Une rose assassinée

Publié le par Lionel Droitecour

... Sur le morne bitume habillé de grisaille, une rose écrasée, qu’une foule décime ...

... Sur le morne bitume habillé de grisaille, une rose écrasée, qu’une foule décime ...

La neige avait péri sous le sel et la boue :
Délétère, en l’orée, l’homme en fait un magma
Aux froidures d’hiver, qui patauge en son crime,
Là, dans ce meurtre affreux, comme aux champs de bataille
.

Sur le morne bitume habillé de grisaille,
Une rose écrasée, qu’une foule décime,
D’une tâche sanglante embaume ce trépas.
Et la gente s’oppresse où sa presse la noue,

Battant et rebattant cette forme chétive
Qui bientôt disparait, ignorée des regards :
Et meurent sous l’azur sa grâce et son parfum.

Seul un poète amer, témoin de cette fin,
Couche en un mausolée de rimes en miroir
Sa robe assassinée dans l’onde convulsive.

janvier 2007

Publié dans Sensation

Commenter cet article

C
c'est beau mais triste
Répondre
L
Beau, je ne sais pas, triste, certes.
Ce que devient la blancheur immaculée de la neige, dans les rues de nos cités grises m’a toujours fait penser à un meurtre. Comme s’il s’agissait d’assassiner la pureté et l’innocence, crime perpétré en toute indifférence.
La rose assassinée, je l’ai vue ainsi par un petit matin d’hiver, sur un trottoir, piétinée par une foule sans regard.
Je suis heureux que son fantôme de mots ai rencontré le votre…