Vigie

Publié le par Lionel Droitecour

Du haut des terrasses du château de Grignan

Du haut des terrasses du château de Grignan

Tu m’as donné de toi une part de l’intime.
La muse en moi surgit, philosophale pierre,
Pour faire d’un éclat la gemme d’un poème.
Plus qu’aucun autre, ami, tu sauras mon ciseau.

Dans le marbre des mots, incise ou bien biseau,
Je frappe longuement, ciselant mon phonème,
En la forme ébauchée s’accroche comme un lierre
Les doriques élans du temple de ma rime.

Mais c’est à l’émotion que je cherche la paire,
Doublant à l’inversée la rubrique du sens
Pour en faire l’acmé d’un geste de parole.

Toute chose vécue, pareille à l’herbe folle,
À frémir sous le vent m’est volute d’encens
En la vigie païenne où le sang devient chaire.

mars 2013

Publié dans Art poétique

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