Le doute

Publié le par Lionel Droitecour

... Je contemple, en rêvant, la voûte des cieux lourds ...

... Je contemple, en rêvant, la voûte des cieux lourds ...

Inutile regard au monde en sa battue
Je traîne mon dégoût dans la langueur des jours,
Et, poète incertain où la muse s’est tue
Je contemple, en rêvant, la voûte des cieux lourds.

Sans cesse je parcours ce verbe né de moi
Qui m'enivre et m'obsède, et ma gorge nouée
Contraint la rime souple aux détours d’un émoi,
En mon âme naissante et en mes mains flouée.

Qu’est cette source vive abreuvant le rivage
Où doute mon esquif ? Qu’est ce donc qui s’impose
En ce vers chantourné, mètre de mon verbiage ?

Des maîtres du passé j'interroge la trace,
Cherchant en leurs accents, aux trames de leur glose
L'illusoire dessein de ma voix qui s'efface.

octobre 1990

Publié dans Art poétique

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