Equinoxe

Publié le par Lionel Droitecour

... Et la nuit morte, ainsi, dédie à l’aube grise ... les ténèbres, blanchis ...

... Et la nuit morte, ainsi, dédie à l’aube grise ... les ténèbres, blanchis ...

C’est un fourmillement dans la neige salie…
Et sont multiples, mille ou peut-être cent-mille,
Empreintes révélées, piétinement têtu,
Que font jour après jour les destinées humaines.

L’asphalte ne retient nulle trace ou mémoire
Des tristes vacations livrées au quotidien :
Les lieux de notre vie, pour la plupart sont muets
Où transitent, passions, nos doutes et nos rêves.

Voici, dans la froideur des matinées d’hiver,
Ce croisement de vies, multiplie le prospect
Terne labeur sans joie, mosaïques sans art,
De l’industrie des jours brusquant nos existences.

À force d’inutiles recommencements,
Elles semblent errer, toutes ces trajectoires,
Au gré des quatre vents et des points cardinaux.
Mais la neige foulée ne nous fait point connaître

S’ils furent assurés, s’ils furent incertains,
Ces pas qu’elle a gravés dans l’éphémère éclat
De sa vierge imposture. Et la nuit morte, ainsi,
Dédie à l’aube grise empanachée de gel,

De cocons éventrés parsemés de flocons,
Une improbable adresse aux cieux inconsistants ;
Les ténèbres, blanchis, accrochés aux néons,
Se retirent aux nues en marées d’équinoxe.

Sur cette grève alors, au jour décomposé,
Il n’est plus que jonchées, salissures, souillures
Où nous vaquons amers, affairés et meurtris,
Fantômes des désirs sans cesse inassouvis.

janvier 2006

Publié dans Névrose

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I
Quelle belle image que celle de ces pas dans la neige reflétant nos vaines trajectoires, il fallait y penser et tu l'as fait pour nous !
Désormais je ne verrai plus jamais la neige foulée de la même manière, qui dira après que la poésie ne change pas notre regard ? :-)
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