Au sépulcre du rêve

Publié le par Lionel Droitecour

... Se tailler un linceul de la voile qui pend Et flotte vaguement dans la brise plaintive ...

... Se tailler un linceul de la voile qui pend Et flotte vaguement dans la brise plaintive ...

J’ai patiemment bâti, de mes désillusions,
Le sépulcre latent où je porte mon rêve,
Chaque jour, un à un, j’y viens ensevelir
Les songes que jadis j’inventais en marchant.

Qu’est ce donc, vivre ainsi en ce réel marchand,
Désert de transactions où il faut s’avilir,
Contre un peu de monnaie, désarmer sur la grève,
Le navire incertain envasé d’alluvions ?

Se tailler un linceul de la voile qui pend
Et flotte vaguement dans la brise plaintive,
Rumeur en cette élingue emmêlée sur le pont ;

L’ancre à jamais rouillé, dépouille en l'horizon,
Squelette de ma joie qu’un remord
invective,
Dressé comme une croix dont la tombe s’éprend.

mars 2012

 

Publié dans La camarde

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