La mort, peut-être

Publié le par Lionel Droitecour

Sur les bords de l'étang de la Ramade, en Creuse, photo LD

Sur les bords de l'étang de la Ramade, en Creuse, photo LD

Ça ne saurait tarder, c’est pour bientôt, je crois.
Je m’y prépare un peu, chaque jour, en pensées,
Prévoir ne sert à rien, il faut tenter d’apprendre,
Et puis laisser aller, le feu est sous la cendre.

Je n’éprouve, vois-tu, que la curiosité,
La peur ne m’atteint pas, l’angoisse est vanité,
Je ne me nourris pas des vaines insensées,
J’aurai ce qu’il faudra, le reste par surcroit.

Et puis nous vaguerons vers le lieu du silence,
Emporté par nous même en l’élan de la vie,
Comme l’adolescence accourt aux sources vives.

Les temps viendront bien sûr de déserter nos rives
Charon, le vieux passeur, éternel nous convie
Et tout se couvrira du manteau de l’absence.

juillet 2012

Publié dans La camarde

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I
On flâne au milieu de ces textes inspirants, un peu comme dans un parc, le nez en l'air et ... paf ! on tombe sur ce beau poème avec en prime un de ces savoureux dialogues LD / Damiax, du coup on se dit : comment j'avais pu le rater, celui-là ?
D'accord avec toi sur l'importance d'envisager notre trépas, les samouraï le faisaient bien, alors il n'y a pas de raison ! :-) Rien de morbide dans ces pensées, juste l'absolue conviction que nous sommes périssables, conviction qui aide beaucoup à mener une existence juste.
Le Hagakure, livre des Samouraï, parle beaucoup de la mort, j'ai aussi aimé la citation :
"Il est bon de considèrer le monde comme un rêve. Quand on fait un cauchemar et qu’on se réveille, on se dit que ce n’était qu’un rêve.
On dit que le monde dans lequel nous vivons n’est pas très diffèrent d’un rêve. "
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D
Bon ... t'es obligé de faire des trucs comme ça sur la mort ... pfff ... comment t'es chiant ... ;)
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L
Non mais "condoléances" il est marrant. Enfin, moi je trouve...
Pour mes nouvelles, lit "Bégueule", c'est assez proche de mon état d'esprit du moment.
Et puis ton mail m'a donné envie de publier un mot dans mon "journal de bord", où je n'ai rien écrit depuis quelques temps...
Tu auras donc de mes nouvelles bientôt, au plus tard dans l'aprème.
D
Tu ferais mieux de répondre à mon mail qui tentait de prendre de tes (bonnes) nouvelles, plutôt que de me renvoyer vers de nouvelles abîmes ... ^^
L
Juillet 2012, vaguement prémonitoire, peut-être ?
Ceci dit la mort est notre seul sujet de réflexion vraiment important. Je pense, comme Brassens, qu'on devrait y penser sérieusement au moins une fois par jour. Histoire de savourer à sa juste saveur le don miraculeux de l'existence...
Même quand on s'emmerde au boulot à cent sous de l'heure, c'est mieux que d'avoir calanché, non ?
Je te conseille dans la même veine ( ou déveine, c'est affaire de point de vue ) :
http://lesvieilleslettres.over-blog.com/2014/07/condoleances.html
Tu vas a-do-rer.